‹ Catéchisme historiqueChapitre 98 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

'es colonnes des inscriptions en langues latine, grecque et hébraïque, qui portaient que l'entrée du second vestibule était interdite aux païens et aux impurs, sous peine de mort. Ce deuxième vestibule était partagé en deux divisions, l'une était pour les femmes, l'autre pour les hommes ; il y avait encore dans «n endroit de ce vestibule une place carrée, c'était le vestibule des prêtres. Quant au temple, il s'élevait en pointe comme la montagne elle-même et offrait un aspect grandiose. Il était fait du marbre le plus blanc, tant à l'extérieur qu'au dedans, sans en excepter le toit, et était orné de riches décorations en or ; ce qui le faisait briller au loin et paraître avec une magnificence éblouissante. Le temple avait un parvis ouvert au milieu duquel se trouvait l'entrée du Saint des Saints, qui le séparait du lieu saint par un riche voile brodé de chérubins, derrière lequel le grand-prêtre pénétrait seul une fois par an. On y conservait autrefois l'Arche d'alliance ; mais ayant été enlevée, lors du pillage de Jérusalem par les Chaldéens, avec l'autel des parfums et le Tabernacle de Moïse, et transportée par le prophète Jérémie dans une caverne de la montagne Nebo (Mâchai. 2), et n'ayant pas été retrouvée dans la suite, le Saint des Saints se trouva complètement vide à l'époque qui suivit la captivité, et par conséquent aussi du temps de Jésus-Christ. On arrivait au temple de quatre côtés différents par de grands escaliers en marbre. Le temple avait aussi plusieurs portes dont la plus grande et la plus belle, tournée ▼era l'Orient, était toute en bronze de Corinthe, métal qui, au témoignage des anciens, surpassait en valeur l'argent même ; aussi l'appelait-on du nom de belle pur te.

Remarquons encore, en terminant, que, dans le vestibule des prêtres, se trouvait l'autel des holocaustes, où Ton brûlait la chair des victimes. Il était construit en pierres brutes, avait une hauteur de quinze aunes, sur une largeur et une longueur de cinquante (JoM:. Arcliœol. liblic).

Observation. — Il n'était permis d'offrir des sacrifices que dans le temple de Jérusalem; mais comme les Juifs ne pouvaient arriver au temple, pour chaque sabbat, ils érigèrent, dans de grandes localités, des maisons de prière appelées Synagogues. C'était un long carré. A la muraille, du côté le plus rapproché de Jérusalem, était une armoire imitée de l'Arche d'alliance, qui renfermait le livre de la loi. Au milieu était une place quadrangulaire élevée un peu au-dessus du sol, et qui ressemblait assez à une chaire. C'est là que les jours de sabbats et de fêtes on lisait et expliquait les livres de Moïse et des Prophètes. Les sièges des auditeurs se trouvaient près des murailles du côté du nord et du midi. On faisait aussi pendant la semaine certains exercices de prières dans les Synagogues (l).

7. A deux lieues, sud-ouest de Jérusalem, est situé Saint- Jean, lieu où naquit le saint de ce nom, qui n'est plus aujourd'hui qu'un village obscur et peu important. Au milieu se trouve le couvent des franciscains avec une église, l'une des plus belles et des plus régulières de l'Orient. Elle est bâtie sur l'emplacement où était autrefois la maison du prêtre Zacharie, lieu ou naquit saint Jean. A droite du maitre autel, un escalier défi Voir IVxt'Hmï'on des fCtrs cl solennités juives auxcon> ma i IcmenU de Dieu, deuxième volume.

sept marches conduit dans une chapelle bien ornée et qui est éclairée par neuf lampes : on y dit la messe tous les jours. On remarque au milieu du mur un bloc de marbre rond avec cette inscription : Hic prœcursor Domini natus est (ici est né le précurseur du Seigneur). Tous les jours les franciscains font une procession dans cette chapelle. Le heu de saint Jean est enfermé de toutes parts par des montagnes, et a plusieurs sources d'eau vive dont la plus grande est appelée fontaine de Marie, parce que Marie doit y avoir puisé de l'eau à l'occasion de la visite qu'elle fit à Elisabeth. A quelques minutes de cette fontaine., un peu plus élevée dans la montagne, se trouvait isolée la maison de Zacharie et d'Elisabeth, dans laquelle tous deux doivent avoir habité à l'époque de la Visitation ; de là le nom de Visitation donné à cet endroit. Sainte Hélène avait fait construire sur cet emplacement une belle église, dont actuellement il n'existe plus que des ruines. Le lieu où sainte Elisabeth salua Marie, et où elle entonna le Magnificat, est aujourd'hui occupé par une chapelle où Ton dit la messe toutes les semaines. Le jour de la Visitation, il y a office solennel. Pénètre-t-on plus avant dans le désert, on arrive, au bout d'une heure et demie, dans une caverne située au milieu de rochers, dans laquelle saint Jean passa l'époque de sa jeunesse jusqu'à l'âge de trente ans, nourri de sauterelles et de miel sauvage. On y trouve maintenant très peu de ce miel, mais beaucoup de sauterelles, que mangent encore aujourd'hui les Turcs et les Juifs. Elles ont jusqu'à quatre pouces de longueur, et sont de l'épaisseur d'un doigt. On les vend sur les marchés, et on les cuit comme des tarcvisses; ou bien on les rôtit tout simplement. — .Neuf

202 CATÉCniSME HTSTOBTQUE.

mauvaises marches conduisent dans la grotte. Elle a dix pieds de largeur, trois et demi de longueur et sept de hauteur. Au lieu d'une fenêtre, une ouverture naturelle y est pratiquée dans le roc, d'où la vue s'étend sur toute la vallée et sur les montagnes qui s'élèvent visà-vis. On trouve encore dans le fond de la grotte le lit du rocher, sur lequel reposait saint Jean. A côté de la grotte coule une petite fontaine d'une eau très-pure, ou allait se désaltérer le saint homme. Le voisinage de la grotte est loin de présenter l'aspect repoussant et sauvage d'un désert, car on y remarque partout une nature riante, de frais et de verdoyants bosquets, des oliviers, et un peu plus loin des jardins de vignes. — La veille de la fête de saint Jean-Baptiste, une grande partie des franciscains et une foule de catholiques de Jérusalem et de Bethléem se rendent à la grotte du désert : on y érige deux autels, et les prêtres y offrent le saint Sacrifice qui est suivi du déjeuner ; puis on chante l'Evangile de la Vigile et quelques Antiennes, et Ton part encore avant le point du jour, afin d'éviter la chaleur. Le jour de la fête de saint Jean, on y célèbre aussi un service solennel auquel assistent beaucoup d'étrangers. Après les Vêpres, on va en procession à la chapelle de la Visitation où l'on chante l'Evangile, les Litanies et quelques oraisons ; puis a lieu une petite récréation familière. Les jeunes gens se livrent à quelques jeux, pendant lesquels on distribue à cette nombreuse assemblée, composée aussi d'un grand nombre de Turcs, des noisettes, des pommes, du pain et autres choses de cette nature. Vers six heures, tout le monde retourne gaiement à saint Jean-Bapliste [Les feuilles catholiques et Qéramù),

Page 1