‹ Catéchisme, ou, Introduction au symbole de la foiChapitre 22 sur 49 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des aptitudes et facultés particulières que tous legani* maux ont reçues pour leur conservation»

JNous avons expliqué au chapitre précédent, les aptitudes et facultés qu'ont tous les animaux en général , soit ceux de la terre ou de l'air , et de la mer , pour leur conservation. Il faut maintenant faire voir la même chose en particulier dans les mêmes espèces d'animaux. Ce ne sera pas néanmoins en toutes , parce que ce seroit une chose infinie , et qui d'ailleurs a été traitée par plusieurs graves auteurs : nous nous contenterons de dire ce qui suffira pour nous faire voir à dé-

iGi CATÉCHISME DE GRENADE.

couvert la perfection et l'attention de la providence en tous ses ouvrages. Pour nous la faire mieux entendre , il faut remarquer que comme un écrivain célèbre , qui veut dans quelque grande ville établir une école d'écriture , expose dans un tableau plusieurs différences de lettres et de caractères , les uns ronds , les autres en ovales ; les uns de pratique , les autres de compte ; les uns illuminés , les autres sans ornement : aussi ce souverain ouvrier ( encore que notre comparaison soit infiniment basse ) , a exposé les merveilles de sa providence , non pas d'une seule manière ni en un seul genre d'animaux , mais généralement en tous et par tant de différentes façons , que tous les écrits qui en ont été faits jusqu'ici, n'ont su les comprendre , vu même que dans les terres nouvellement découvertes il se rencontre de nouvelles espèces d'animaux, avec des propriétés dont nous n'avions jamais ouï parler.

Mais avant que de passer outre , il faut prendre garde, que le mot de conservation dont nous serons obligés souvent de nous servir , comprend bien plus qu'il ne signifie; parce que sous ce nom nous entendons premièrement les aptitudes qu'ont les animaux à chercher leur nourriture. En second lieu , celles qu'ils ont pour leur défense. En troisième lieu , celles qui les portent à chercher les remèdes pour se guérir de leurs maladies, et pour conserver leur santé. Et en quatrième lieu , celles qu'ils ont pour la production et éducation de leurs petits. Nous traiterons donc de ces quatre facultés , de chacune en particulier , mais de

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lello sorte, qu'en passant nous traiterons aussi de quelques autres qui leur sont comme conjointes. Ensuite de cela nous viendrons au traité particulier des plus petits animaux , comme de la fourmi , de la mouche à miel , de l'araignée , du moucheron et du ver à soie ; parce qu'en ceux-ci qui semhlent si vils et si abjects , saint Augustin , Aristote et Pline disent que l'artifice et les soins de la providence divine paroissent davantage que dans les plus grands ; et enfin , après ces cinq traités , nous expliquerons dans un sixième , d'autres propriétés de quelques autres animaux dignes de grande admiration.

En tout ceci , nous ferons voir la perfection de la providence , laquelle n'a rien négligé ni omis de ce qui étoit nécessaire à ces créatures pour leur conservation. Nous verrons aussi que tout ce que. les mêmes créatures pourroient faire , si elles avoient l'usage de la raison, elles le font par certaines inclinations et instincts naturels qu'elle leur a donnés au lieu de l'entendement. Mais la chose va bien plus avant , car elles ne s'arrêtent pas seulement à faire ce qu'elles feroient si elles avoient la raison , elles font encore plusieurs choses qui vont au delà, lorsqu'elles sont nécessaires à leur conservation. De sorte qu'elles ont la connoissance des herbes et des remèdes pour se guérir ; elles connoissent les changemens des temps, comme la pluie, le beau temps et les orages , avant qu'ils arrivent ; et en ceci, comme en plusieurs autres choses, cette sainte providence nous a voulu manifester la grandeur et l'exactitude de ses soins , afin que nous les reconnussions ,

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que nous les adorassions et que nous aperçussions «on concours et sa présence en toutes choses ; c'est pour cela qu'elle fait tant de choses qui semblent incroyables à la plupart des hommes. iMais afin que celles que je raconterai en ce discours n'excèdent point la créance, je donne avis au lecteur chrétien, que je ne lui proposerai rien en cette matière , qui ne soit tiré de fort bons auteurs , et principalement de l'Hexameron de saint Ambroise , duquel j'ai tiré la plus grande partie de ce que j'ai mis ici. Il ne faut point s'étonner si j'ai tant emprunté de lui , puisque lui-même en avoit autant fait de saint Basile , n'ayant presque fait que traduire en fort beau latin , ce que saint Basile avoit écrit en aussi beau grec. Pour l'Hexameron de saint Basile , il fut bien en telle estime , que Grégoire le théologien, qui étoit de son temps, a écrit, que bien qu'en tous ses écrits il fût admirable , il l'avoit été si fort en celui -ci , qu'il sembloit , pour ainsi dire , qu'il avoit été au côté de Dieu lorsqu'il avoit créé le monde , et qu'il avoit compris la raison , le conseil et l'artifice avec lequel il avoit créé toutes choses , tant il en avoit bien parlé en ce merveilleux ouvrage de la création.

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