‹ Catéchisme, ou, Introduction au symbole de la foiChapitre 32 sur 49 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Préface sur la composition des parties principales du petit monde, qui est V homme*

Ayant traité comme j'ai fait de ce grand monde et de ses principales parties, il faut traiter ensuite de la composition du petit monde et de ses parties aussi , c'està-dire , de l'homme ; ceci ne servira pas moins pour nous mener à la connoissance de Dieu , que ce que nous avons ci-devant expliqué. Avant que de nous engager en cette matière , nous devons premièrement poser pour fondement, que le principe de tous nos biens c'est cette connoissance; et comme il y a plusieurs choses de lui , et en lui , que nous pouvons connoître, celle qui importe le plus à notre salut et à notre consolation , c'est la connoissance de saprovidence , car c'est elle qui , (comme nous avons â^k dit , ) comprend en soi les trois excellentes perfections qui sont en sa divine essence, bonté, sagesse et toute-puissance. Que si les choses que nous venons de traiter, touchant la fabrique et disposition de ce grand monde, nous donnent des témoignages bien évidens de cette providence , et des perfections divines qui l'accompagnent , ce que nous allons dire de la composition et de l'ordre qu'il y a dans ce petit monde, qui est l'homme, ne nous en éclaircira pas moins. C'est ce qui a donné sujet à Théodoret , en douze sermons qu'il a faits de la provi-

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dence , de tirer presque tous ses argumens de l'artifice admirable qui se remarque en la composition de nos corps; et la raison pour laquelle l'homme est appelé le petit monde , est que tout ce qui se trouve dans le grand monde se trouve aussi en lui , bien que dam une plus petite étendue ; car on y remarque un être comme dans les mixtes , une vie comme dans les plantes , un sentiment comme dans les animaux , et enfin une intelligence et un libre arbitre comme dans les anges. C'est pour cela que^ saint Grégoire l'a appelé , toute créature, ou créature universelle, parce qu'on trouve en lui la nature et les propriétés de toutes les créatures. Ce fut aussi sans doute pour le même sujet que Dieu le créa au sixième jour, après la création de toutes les autres créatures , ayant voulu faire en lui un abrégé de tout ce qu'il venoit de faire , comme font ceux qui rendent ou reçoivent des comptes par écrit , lesquels , à la fin et dans la clôture , tirent dans une ligne l'extrait et le sommaire de tout ce qui étoit contenu en plusreurs feuilles. Il semble que Dieu, en quelque façon , a voulu faire la même chose en la création de l'homme , ayant fait en lui comme un extrait et une récapitulation de tout ce qu'il avoit créé auparavant. Il arrive de cela que nous connoissons avec beaucoup plus de facilité, dans cet abrégé , les perfections divines , que si nous avions à étendre notre vue par tout le monde. Et tout ainsi que les cosmographes ont accoutumé de faire une carte dans laquelle ils dépeignent toutes les principales parties et nations du monde, afin que d'un coup d'oeil on voie tracé ce que l'on ne

sauroit voir de plusieurs années clans toute son étendue; ainsi nous pouvons dire que l'homme est une petite carte que ce souverain ouvrier a tracée de sa main poar nous faire voir non pas en peinture , ni figurativ*ment , mais réellement et en effet tout ce qui est contenu dans le monde : et celte carte étant petite , comme elle est exposée à nos yeux et toujours avec nous , et par ce moyen plus connoissable , elle nous fait aussi d'autant plus évidemment paroître l'excellence du Créateur.

Nous avons ci-devant mis entre les merveilles des œuvres de Dieu , la vertu qu'il avoit mise dans les semences des plantes ; car n'est-ce pas une chose digne d'admiration, qu'une petite graine d'orange ait la propriété de produire un oranger ; et qu'un petit pignon ait celle de produire un grand pin? Cela néanmoins sera fort peu de chose en comparaison de la vertu qu'il a mise dans la matière dont se forme un corps humain ; parce que d'une de ces semences il ne se fait rien davantage qu'une racine, un tronc et des branches d'un arbre, avec quelques feuilles et quelques fruits. Mais delà matière qui compose le corps de l'homme, (bien que ce ne soit qu'une simple substance ) il se forme une trèsgrande diversité de membres , d'os, de veines, d'artères , de nerfs et d'une infinité d'autres organes ; et tout cela se trouve si commode pour l'usage de la vie Lumaine , que si quelque esprit avoit pu atteindre à la connoissance du détail de ce que la providence a fait en cela , il seroit mille fois confondu d'étonnement et d'admiration, de la sagesse et de la providence du

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Créateur, qui a pu et su d'une matière si simple , former tant de choses différentes , n'y en ayant aucune qui ne nous crie à haute voix : qui a pu faire ceci > sinon Dieu? Qui a pu, dans les entrailles d'une fesnme , sans que de sa part elle y ait contribué en qu*i que ce soit , édifier une maison pour l'àme , composée de tant de chambres et d'antichambres, de tant de salles et de cabinets , de tant de boutiques et d'offices , sinon Dieu? car tout ceci nous montre évidemment qu'un si parfait ouvrage ne peut avoir été fait que par une sagesse infinie, qui ne peut ni faillir, ni manquer en ses entreprises. Cela même nous est encore prouvé par cette démonstration des médecins , qui nous font voir que dans tout le corps d'un homme il y a plus de trois cents os , grands ou petits; de sorte que de chaque côté il y en a plus de cent cinquante , chacun desquels contient dix propriétés : à savoir telle figure , telle situation , telle connexion , telle dureté , telle polissure et autres semblables; de sorte que multipliant ces dix propriétés , et les attribuant à chacun des cent cinquante os , il se fera un assemblage de quinze cents propriétés dans les os d'un des côtés , et autant dans l'autre.

Dans ces mêmes os , il y a trois merveilles de Dieu à considérer ; la première est l'emboîture et l'enlacement des os les uns avec les autres par le moyen de leurs cordes et de leurs ligamens , faits dans la perfection que nous avons déjà remarquée. La seconde est la ressemblance et conformité qu'il y a entre les os d'un des côtés , avec ceux de l'autre , non-seulement

en ce qui est de l'extérieur , mais aussi en ce qui regarde les propriétés dont nous avons parlé ; de sorte que , par exemple , à mesure que les os d'une main croissent , ceux de l'autre croissent dans la même proportion et avec les mêmes propriétés , sans qu'il y ait \ nalle disproportion d'une partie à l'autre; il faut entendre la même chose des côtes , des os des bras et des cuisses , d'un et d'autre côté. La troisième merveille et celle qui me surprend beaucoup plus que toutes les autres , c'est la façon et les propriétés qu'a chacun de ces os , pour le lieu où il est situé , et pour l'office qu'il exerce. Il faut éclaircir un peu ceci par un exemple des choses artificielles, afin que nous puissions parvenir plus facilement à la connoissance des œuvres de la nature par celles de l'art, qui la veut toujours imiter. Nous voyons donc que dans la boutique d'un charpentier, il y a une scie pour scier, une hache pour couper, un rabot pour aplanir, un compas pour mesurer, et autres semblables instrumens. Nous voyons encore combien tous ces instrumens sont bien ajustés , chacun pour servir à la fonction à laquelle il est destiné. Or , nous voyons que la même chose est faite avec bien plus de perfection dans ces trois cents os de notre corps , chacun desquels est accompagné de ces dix propriétés dont nous avons parlé , avec tant de proportion , et se trouve tellement ajusté aux lieux qu'il occupe , que tous les esprits , soit humains , soit angéliques , ne les sauroient former avec plus de perfection; et si le Créateur même ( par manière de dire ) avoit travaillé mille ans à la fabrique de chacun de ce? os , il ne les auroit pas faits d'autre sorte.

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Maïs ce n'est pas à ceci que se termine la merveille ; parce que tout ce que nous avons dit de la proportion et ressemblance qui est entre les os, des deux cUés, se trouve de même dans les tendons, dans les ligamms et dans les emboîtures des os , dans les muscles , dais les nerfs , dans les veines et dans les artères , d'un et d'autre côté. Or, ce sont là autant d'instrumens nécessaires pour la conservation de notre vie; et ils sont tellement ajustés aux choses auxquelles ils sont destinés , que ni un anneau n'est pas si proportionné au doigt , ni un fourreau à l'épée , que chacun de ces instrumens l'est à l'office qu'il exerce. Qu'est-ce donc qui nous pourra mieux faire connoître la sagesse de ce souverain ouvrier, qui a su faire avec une si admirable perfection un si grand nombre d'instrumens, si proportionnés à chacun de leurs offices, qu'il n'a pas même varié dans la disposition d'un cheveu , ni manqué en rien de ce qui étoit convenable à sa fin ?

Par ce bel ordre nous pouvons juger quelle doit avoir été la folie d'Epicure , qui a osé soutenir que nos corps avoient été faits au hasard. Les choses qui se font de la sorte , réussissent très-rarement , et pour le plus, quand cela pourroit réussir, ce seroit en trois ou quatre : mais d'aller droit en tant de mille millions de parties , et avec tant de perfection , que la moindre surpasse tous les entendemens humains , il faut qu'une puissance et une sagesse souveraine y mette la main. Et sur cela , je voudrois bien demander, si ce ne seroit pas une folie extrême , de dire qu'en jetant une masse de fer dans une forge , il en seroit sorti par ha-

sard un horloge avec toutes ses roues bien ajustées, ou un harnois d'armes complètes ? Or, sans doute , la folie seroit bien plus grande de celui qui s'imagineroit que le corps humain auroit été fait par hasard, de cette iratière dont il est composé dans le corps de la mère , »oit que l'on considère le nombre beaucoup plus grand des os et des autres parties dont il est composé , soit la perfection beaucoup plus grande qu'elle n'est dans un harnois , ou dans un horloge. Car si ce merveilleux artifice se rencontroit seulement en cent ou deux cents parties de notre corps , la chose seroit moins admirable; mais que cela se trouve en un si grand nombre de parties, et toutes si parfaitement disposées et ordonnées pour leurs fins , c'est sans doute ce qui surpasse toute sorte d'admiration, et ce qui nous fait voir aussi plus manifestement la sagesse et la toute-puissance de celui qui a pu donner une si grande efficace à la vertu qui a formé nos corps.

C'est aussi pour cette raison, que les anatomistes disent , que la connoissance de leur art est un guide très-assuré pour nous conduire à la connoissance de notre Créateur, et des principales perfections qui sont en lui , lesquelles nous tâchons de représenter par le moyen de ses créatures. C'est pourquoi il y en a qui appellent fort à propos cette science et la composition de nos corps, le livre de Dieu; parce que dans la moindre de ses parties on y peut voir et lire l'artifice admirable et la sagesse infinie du Créateur. Et quoique

la composition et les parties du grdnd monde nous aident à acquérir cette même connoissance , ainsi que nous avons fait voir, nous ne les apercevons néanmoins que par des choses extraordinaires , et qui arrivent parement; au lieu que dans le petit monde qui est l'homme , et surtout dans son logis qui est son corps , nous voyons ceci beaucoup plus à découvert, n'y ayant point de si petite partie , ni de veine , ni d'artère , ni de petit os , qui ne nous parle à haute voix de la subtilité merveilleuse et de l'adresse de celui qui Ta composé.

Si dans ces petites parcelles nous observons tant de merveilles , que pourrons-nous dire des parties principales et plus excellentes? Que ne disent point les anatomistes de la composition de nos yeux? Que ne disent- ils point du crâne, des ossemens, des cavités et de la disposition de notre cerveau? Que ne disentils point de l'artifice de nos mains , que nous pouvons appeler les ouvrières d'un autre nouveau monde artificiel , dans lequel il se trouve presque la même multitude et la même variété de choses, que dans le monde naturel que Dieu a créé ? C'est pour cela que je tiens heureux ceux qui se sont adonnés à cette partie de la philosophie qui traite de la composition de nos corps; parce que s'ils veulent tant soit peu s'élever à Dieu , et considérer en ses ouvrages sa sagesse et sa toutepuissance , il est impossible qu'ils ne demeurent mille fois confondus d'étonnement , de voir tant de délicatesse , tant de providence et tant de merveille. David a dit (Ps. 106) , que ceux qui vont en mer sur leurs navires , voient la grandeur des œuvres de Dieu , et

les

lés merveilles qu'il fait dans les abîmes. Et je dis de mêoae , que ceux qui entrant en eux-mêmes , y savent contempler ce que Dieu a fait en eux, y peuvent découvrir pour le moins autant de merveilles, considérant les instrumens et les moyens admirables qu'il a don* nés à l'homme pour la conservation de sa vie. Cela même a été fait avec tant de perfection , que comme il n'y a rien de superflu , il n'y manque aussi rien du nécessaire.

Il n'est pas moins admirable de voir la situation et l'ordre dans lequel toutes les parties du corps humain sont disposées ; c'est encore dans une telle perfection f qu'il n'y en a point , ni personne ne sauroit s'en imaginer d'autre ou plus beau , ou plus accompli , ou plus convenable et mieux proportionné à la fin et aux fonctions pour lesquelles il a été composé. Les anciens ont dit de l'éloquence de Platon , que si quelqu'un , pour élégant qu'il pût être , avoit tiré de sa place une seule de ces paroles, pour y en substituer une autre , quelque soin et quelque étude qu'il y pût apporter , il diminueroit sans douté beaucoup de son élégance; et que si on en faisoit autant des oraisons d'un grand orateur du même temps, nommé Lisias , on ne diminueroit pas moins de la force et de la beauté de ses dis^ cours: ayant voulu par là louer autant l'élégance de l'un, que la propriété et la justesse des paroles de l'autre. Nous pouvons aussi dire , à ce propos , (quoique la comparaison soit infiniment disproportionnée , s'agissant en l'un de l'entendement divin, et en l'autre de l'humain) que si tous les plus sages ou les plus sai. X

vans hommes du monde vouloient former la plus petite partie , ou le plus petit membre -, ou sens du corps humain, pour le faire d'une autre façon qu'il n'est, ou l'asseoir en un autre lieu , non-seulement ils le priveroientde tout l'usage auquel il est destiné, mais aussi de toute sa grâce et de toute sa beauté. C'est ce qui a fait dire à Galien disputant contre ce brutal et insensé philosophe Epicure , ( lequel après avoir nié la providence divine , soutenoit que nos corps avoient été composés au hasard et sans dessein, comme nous avons dit) , qu'il lui donneroit volontiers cent années de temps pour changer la forme ou l'assiette de quelqu'une des parties de notre corps, et la mettre en quelque autre forme , ou en quelque autre disposition , et pour lors il verroit s'il a été possible de les mieux placer ni ordonner qu'elles ne l'ont été. Salomon admirant ceci , et voyant combien l'entendement humain étoit bas , incapable de connoître la subtilité de l'artifice divin , a dit dans ses livres : Tout ainsi que tu ne saurois connoître le chemin de l'air, ni de quelle façon se forment les membres de l'enfant dans le ventre de la femme enceinte , aussi ne peux-tu pas connoître les œuvres de Dieu , qui est l'auteur de toutes choses.

Le saint roi David connut fort bien cet artifice , non par aucune étude de la philosophie humaine, à laquelle il ne s'occupa jamais ; mais par une spéciale révélation de Dieu, qui lui fit dire dans le psaume i38 , où il traite seulement de la divine sagesse , « que tou- » tes les choses , ou passées ou futures , lui sont pré-

» sentes , et que les ténèbres devant lui sont plus clai- » res que la lumière. 11 ajoute, lorsqu'il vient à par- » 1er delà structure de nos corps : Je vous louerai, » (dit-il) Seigneur, parce que vous avez terriblement » manifesté et clairement découvert la grandeur de » votre sagesssen la fabrique de mon corps : vos œu- » vres sont toutes pleines de merveilles , et mon âme » le reconnoît fort bien. Il n'y eut pas un seul de mes » os qui demeura caché à vos yeux, lorsque mon corps » se formoit dans le ventre de ma mère , et que par » un merveilleux artifice ils se lioient et se joignoient » ensemble. Quoique je fusse encore imparfait , et » que je ne fusse pas achevé d'être organisé , vos yeux » me voyoient déjà , et tous mes membres étoient y> écrits au livre de votre sagesse; encore que chaque » jour et que peu à peu ils fussent formés, il n'y en » avoit aucun que vous n'eussiez bien connu avant » même qu'il fût fait. Combien , Seigneur, sont pré- » cieuses pour moi vos pensées et vos conseils, et com- » bien en est grand le nombre ! si je voulois en tenir » compte , je trouverois qu'ils surpassent de bien loin » les sables de la mer. » Par ces paroles le Prophète nous montre bien clairement la sagesse de Dieu , qui paroît dans la fabrique et dans la composition admirable de nos corps ; mais entre les autres paroles , celle-ci est fort remarquable : Vous vous êtes terriblement manifesté, parce que cette parole, terriblement, semble être plus propre pour expliquer les œuvres de la justice divine que celles de sa sagesse , desquelles le Prophète parle en cet endroit ; mais la raison de ceci

est sans doute , qu'après avoir bien considéré la profondeur de la sagesse divine , qui se découvroit dans un ouvrage composé de tant de diverses pièces > et la grandeur de la puissance qui d'une matière si simple avoit pu former tant de membres et d'organes difîerens,le Prophèledemeuroittellementsurpris de crainte et d'étonnement de la majesté et de la grandeur de Dieu, qui paroissoit en cet ouvrage , qu'il fut contraint de s'expliquer par cette parole , terriblement. En cela il semble qu'il lui soit arrivé ce qui arrive d'ordinaire à ceux qui se trouvent dans quelque grand danger, ou qui sont montés au sommet de quelque haute tour; s'ils viennent à regarder en bas , voyant cette profondeur si effroyable , la tête semble leur tourner, tellement qu'étant en un lieu bien assuré , ils ne laissent pas de craindre : c'étoit de cette sorte de crainte que le saint Prophète étoit pénétré, connoissant par la grandeur de cet ouvrage , celle de l'ouvrier qui l'avoit formé.

Mais quelle merveille qu'un prophète , rempli de Dieu et de son esprit , soit entré en une si profonde admiration de cet ouvrage , et lui en ait donné tant de gloire et de louange, puisque nous en avons presque vu faire autant à un philosophe païen ? Car Galien , prince de la médecine, qui a écrit dix-huit livres de l'admirable composition du corps humain , voyant combien clairement on pouvoit en elle remarquer la sagesse de Dieu , n'a pas fait difficulté de dire : * que » ses écrits étoient un hymne qu'il composoit à l'hon- » neur et à la gloire de Dieu, de qui , dit-il , l'honneur

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» ne consiste pas à lui offrir de l'encens ou autres cho- » $es aromatiques , ni à lui offrir des sacrifices de cent y bœufs; mais à bien reconnoître et admirer la subti- » lité et l'artifice merveilleux de cet excellent ouvra- » ge , afin de nous élever à la grandeur de la sagesse » qui l'a pu si bien désigner , à la puissance qui l'a pu » exécuter , et à la bonté qui a pourvu si abondam- » ment a tout ce qui étoit nécessaire aux créatures , » qu'elles n'ont besoin d'aucune autre chose. » Tout ce que je viens d'alléguer est de Galien , lequel enseigné et convaincu par la composition admirable de cet excellent ouvrage, éleva son esprit à une si haute théologie. Car, en effet, n'est-ce pas dire la même chose que Dieu avoit dite par son prophète Osée : « J'aime » mieux la connoissance de Dieu que le sacrifice » ; parce que cette connoissance , ainsi que nous avons déjà dit , est le principe et le fondement de toutes les vertus?

Puisque cette matière est si utile pour élever nos esprits à la connoissance de notre Créateur, il ne sera pas hors de propos , dans cette seconde partie , de parler un peu de cet excellent ouvrage , pour voir si par soa moyen nous pourrons découvrir quelque chose de ce que ce philosophe païen voyoit si clairement. Nous ne traiterons pas à la vérité fort au long cette matiè-. re , parce que ce seroit nous engager en une chose infinie , et éloignée même de notre profession ; il nous suffira de parler des choses plus communes et plus faciles à comprendre , et dans lesquelles se découvre plus clairement la sagesse de ce divin artifice.

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