‹ Catéchisme politiqueChapitre 2 sur 104 · FORMATION DES PEUPLES · texte numérisé non relu

FORMATION DES PEUPLES

Dieu créa le ciel et la terre et fit l’homme, qu’il plaça à l’orient, dans le pays d’Eden (4004 avant J.-C.). Cette terre, qui a la forme aune boule légèrement aplatie à ses deux pôles, a plus de vingt-cinq millions de lieues carrées et se divise en deux parties distinctes, la terre et l’eau,

3ui en couvre environ les trois quarts. Les descendants e l’homme, désobéissant à son auteur, se multiplièrent en se couvrant d’iniquités, cause du déluge, d’où se sauva la seule famille de Noë, qui fit entrer dans l’arche un couple des animaux dont Dieu voulait propager l’espèce. De l’Arménie, en Asie, où l’arche s’arrêta, les descendants de Sem, Cham et Japhet, fils de Noë, après avoir été divisés en langues et nations, à la tour de Babel, environ cent ans après le déluge, peuplèrent la terre de proche en proche. Ils se divisèrent et se subdivisèrent avec fracas, guerres et combats; les plus puissantes nations subjuguèrent les plus faildeset Home, entr’autres, avait réuni sous son sceptre tout le monde alors connu, lorsque Jésus-Christ, promis au monde pour le racheter de la faute d’Adam, naquit à Bethléem, en Judée, d’un peuple que Dieu s’était choisi pour être le dépositaire de sa loi méprisée du reste des humains.

Aujourd’hui la terre, habitée par plus de 1200 millions d’hommes, se divise en cinq grandes parties ou continents qui sont l’Europe, l’Asie et l’Afrique (seuls connus des anciens), l’Amérique (découverte en 1492 par Christophe Colomb), et enlin l’Océanie.

Ces continents, couverts de montagnes, de forêts, d’iles, de presqu’îles, de déserts, de golfes, de baies, de lacs, de rivières, se subdivisent en territoires qui prennent les noms d’Empires, d’Etats, de Royaumes, de Républiques, de Puissances qu’ont fondés les nations, en y bâtissant des bourgades, des hameaux, des villages et des villes. Elles ont fait de ces territoires leur patrie , à laquelle les attache l’esprit de patriotisme ou de nationalité ; elles y sont régies par une autorité qui réside dans un gouvernement , lequel agit d’après des règles fondamentales ou constitutions, qui accordent aux citoyens plus ou moins de liberté, les obligent par nature et par des lois à des devoirs et leur donnent des droits par lesquels ils peuvent vivre en paix et marcher vers la conquête de l’avenir, qui est le ciel.

Une nation, c’est une réunion d’hommes ayant généralement le même langage, la même religion, les mêmes mœurs, les mêmes coutumes, les mêmes institutions et les mêmes lois. Plus ces liens sont identiques, plus fermement sont constituées les nations.

La patrie est le territoire où la nation s’implante par conquête ou par héritage et qu’elle doit transmettre à ses descendants. Le patriotisme c’est l’amour de cette patrie qui inspire le désir de la servir, de la faire prospérer, de la faire respecter, de la conduire à la plus grande somme de bonheur.

L 'autorité, c’est le droit que la nature ou les lois accor dent à un pouvoir supérieur de commander à ceux qui doivent lui obéir. Ce droit renferme celui de dicter une règle de conduite à ses gouvernés, de faire exécuter celles en force et de punir ceux qui les enfreignent. L’autorité elle-même ou ceux qui l’exercent sont soumis à des règles dictées par la nature, et par des constitutions.

On distingue l’autorité conjugale, l’autorité paternelle et domestique, l’autorité civile et politique et l’autorité ecclésiastique ou religieuse.

L’autorité ecclésiastique ou religieuse, qui est celle des pasteurs sur les simples fidèles, est supérieure à toute

autre, et par son origine, et par l’objet auquel elle se rapporte, et par ses moyens, et par la tin qu’elle se propose ; elle est indépendante de toute autre dans l’exercice des droits qui lui sont propres et qu'elle a le pouvoir de définir ; elle ne gêne en rien l’autorité civile qui ne s’étend pas à la religion, et que l’autorité religieuse renforce par les leçons d’obéissance qu’elle fait au peuple.

L’autorité civile est le droit de fixer d’une manière positive les préceptes du droit naturel, de leur donner une sanction nouvelle, de suppléer à leur silence, enfin de les renforcer ; mais non de diminuer leur ^influence, en s’immisçant dans ce qui concerne la religion, les mœurs et le régime spirituel ; elle a le droit de prescrire des lois et des règles de conduite en tout ce qui concerne ,1e bien général de la société et les droits respectifs de chacun de ses membres. Ceux qui l’exercent ne sont pas dispensés de la loi qui ordonne à tout homme de faire aux autres ce qu’il veut qu’on lui fasse.

La loi est un règlement dicté par la raison, promulgué par celui qui exerce l’autorité.

La liberté est le pouvoir de faire le bien et le pouvoir d’abuser d’elle en faisant le mal. La liberté ne peut exister entièrement dans l’état de société, car les lois doivent réformer ce qui est mal et même quelquefois mettre des restrictions à ce qui ne l’est pas pour le bien de la communauté. Ainsi dans l’ordre social la liberté, c’est le pouvoir de faire tout ce que les lois considèrent ne pas nuire aux autres, soit comme individu, soit comme société ; ce que tout homme voudrait qu’il lui fût fait luimême.

Le degré de liberté légitime est relatif au caractère de chaque nation.

Le progrès, c’est cette marche vers la perfection morale et matérielle que chacun, soit comme individu, soit comme nation, doit s’efforcer d’atteindre.

Les devoirs sont une obligation envers Dieu, envers le prochain et envers soi-même.

Ils sont donc moraux, politiques ou civils.

Les devoirs moraux consistent à aimer Dieu en se soumettant à sa loi naturelle ou révélée. Les devoirs politiques ou civils consistent à aimer le prochain soit comme nation, soit comme individu, et par conséquent à se sou-

mettre à la loi qui est faite pour le bien général de la société.

Le droit , c’est la faculté d’exiger un devoir d'autrui, dans le supérieur qui commande il comporte pour son inférieur le devoir d’obéir. Le droit et le devoir sont donc deux termes corrélatifs et la réalité de l’un emporte la réalité de l’autre.

Aimer Dieu par dessus tout et le prochain comme soimême, tel est le grand précepte qui conduit à la plus grande somme de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.

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