‹ Catéchisme politique (volume 2)Chapitre 140 sur 266 · XI · texte numérisé non relu

XI

Qui statuit aliquid, parte inaudita altéra, iEquum licet statuent, haud rcquus erit.

Qui juge sans avoir entendu la partie adverse, lors même qu'il jugerait bien, juge mal.

L'Ecclésiastique va plus loin; il indique comment se doit faire l'interrogatoire des parties, l'audition des témoins et les plaidoiries, afin que la défense soit libre, que la lumière se fasse et que les débats aboutissent à un jugement clair comme le jour \ « Ne répondez pas un mot, avant d'avoir écouté, n'interrompez pas une personne au milieu de son discours, et que l'on ne sorte point de la question'2. » Ces divines recommandations mériteraient d'être gravées en lettres d'or, sur les murs, à l'intérieur de nos palais de justice et surtout de nos assemblées législatives.

Un des crimes les plus dangereux pour la société, qui se puissent commettre dans l'administration de la justice, c'est le déni de justice, c'est de refuser la justice à celui qui la demande, dûment et régulièrement : celui qui réclame justice sans l'obtenir est autorisé à se la faire à luimême, et alors c'est l'état sauvage; il n'y a plus de société. Ce désordre n'est pas rare là ou le pouvoir judiciaire n'est pas distinct et indépendant du pouvoir politique; car celui-ci ne permet guère qu'on revendique les droits les plus légitimes contre les personnes sur lesquelles il s'appuie, contre les fonctionnaires et les dignitaires d'un certain rang.

Les écrivains sacrés s'appliquent à inspirer l'horreur de cet exécrable abus : le prophète Habacuc, décrivant d'un ton douloureux les malheurs d'un peuple opprimé par un autre, met le déni de justice parmi les traits les plus lamentables de ce triste tableau. « Jusques à quand n'aurai-je devant les yeux que des violences, des injustices,

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