‹ Catéchisme politique (volume 2)Chapitre 142 sur 266 · Gode pénal, art · texte numérisé non relu

Gode pénal, art

ne subsistent que par l'union, l'accord, la paix, la charité, qui régnent entre les diverses parties et les lient comme le ciment lie les pierres a'un édifice. La désunion est la ruine des sociétés : c'est ce qui est dit dans l'Evangile, que « tout royaume, toute société, divisée intérieurement, périra ». Or, rien ne divise plus les membres d'une société, d'une famille, que les procès, guerre acharnée dans laquelle chacun s'efforce de ravir les biens et l'honneur de son adversaire, et qui laisse dans les cœurs de vifs sentiments de haine et de vengeance.

Dans une société chrétienne, il ne devrait jamais y avoir de litige, de matière à procès. Car, chacun, aimant son prochain comme soi-même, et ne faisant jamais aux autres ce qu'il ne voudrait pas qu'on lui fît, les personnes, les biens, l'honneur, seraient universellement respectés ; il n'y aurait aucun tort à réparer. D'ailleurs, si quelqu'un, dans une société animée du vrai esprit chrétien, recevait un dommage ou une injure d'un de ses frères, il devrait la lui pardonner, par amour de Dieu, et par esprit de charité, d'abnégation. En cela, il suivrait les conseils de perfection évangélique de Jésus-Christ et des Apôtres, qui nous exhortent à ne jamais agir par sentiment de vengeance, à ne pas appliquer, comme les Juifs, la loi du talion, qui consiste à arracher un œil à celui qui vous en a arraché un, à casser les dents à celui qui vous les a cassées. L'esprit de l'Evangile est tout autre; il veut qu'on rende le bien pour le mal. Qu'on repousse la force par la force, quand on ne peut défendre sa vie d'une façon plus humaine, qu'on ait recours, lorsque c'est indispensable, aux tribunaux pour défendre son patrimoine et son honneur, gravement attaqués : c'est un droit naturel, inaliénable, imprescriptible ; mais il faut l'exercer, sans haine, sans fureur, sans passion vindicative, avec calme, sang-froid, charité, dans l'unique intérêt de la justice. Si la vérité, la justice, l'Etat, la religion, la famille, et d'autres nobles causes de ce genre n'exigent pas de résistances de notre part à d'injustes attaques, il est plus

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sage, plus parfait, plus évangélique, de souffrir patiemment le mal qu'on nous lait, de le pardonner, de nous venger, en faisant du bien à nos ennemis, ce qui peut les éclairer, les toucher, les amener à reconnaître et à réparer leurs torts. C'est donc dans ce sens que Jésus-Christ nous donne ces conseils de perfection, où il faut, d'ailleurs, plutôt remarquer les pensées que les expressions métaphoriques : « Si quelqu'un vous a frappé la joue droite, présentez-lui encore l'autre.

« Si quelqu'un veut plaider contre vous, pour avoir votre tunique, abandonnez-lui encore votre manteau.

« Si l'on exige de vous un excédant de corvée, offrez d'en faire encore davantage ' . »

Notre législation applique ces divins préceptes lorsqu'elle s'oppose, dans beaucoup de cas, à ce qu'une contestation soit portée en justice, sans qu'on ait tenté d'abord les moyens de conciliation, comme nous l'exposerons cidessous.

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