ESCLAVAGE
leur n'en peut mettre aucune entre ses enfants, ses ministres ne peuvent s'empêcher de réclamer contre l'esclavage des nègres dans les colonies l. »
« L'humanité révoltée doit dénoncer à la nation, représentée dans les États généraux, un abus qui déchire toutes les âmes sensibles; cet abus, c'est le droit atroce que s'est donné l'homme d'acheter son semblable, de le priver de sa liberté, de le soumettre à un travail dur et continuel et de le rendre, jusqu'à sa mort, la victime de ses caprices et de ses cruautés 2. »
Le tiers (peuple et bourgeoisie) et la noblesse se contentent de demander « que les États généraux prennent en considération le sort des nègres de nos colonies3; qu'il soit fait, pour l'adoucissement de leur position, un vœu qui s'accorde avec la politique de l'humanité 4 » ; que l'esclavage soit aboli, s'il est possible, mais, « si des raisons politiques s'y opposent 5, » qu'on ait soin de le mitiger ; que les nègres « soient traités comme des hommes; qu'on abroge les lois barbares qui imposent des droits considérables pour leur affranchissement et peuvent empêcher la bonne volonté d'un maître envers son esclave 6. »
Ainsi, remarque M. Léon de Poncins « les électeurs laïques n'approuvent pas l'esclavage, tant s'en faut ! mais la destruction immédiate de cette horrible institution leur paraît devoir être subordonnée à des raisons politiques. Le clergé, au contraire, n'admet aucune réserve, lorsqu'il s'agit de relever la condition du nègre, homme égal, devant Dieu, à tous les autres hommes ».
D. Ces vœux des cahiers de 1789 ne reçurent, dites-vous, une réalisation complète qu'en 1848.
i . Melun etMoret.