CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
D. Quelle est l'utilité, et quel doit être le caractère du conseil supérieur de l'instruction publique?
R. Si l'administration de l'instruction publique était livrée aux caprices des ministres, qui passent ; si chaque ministre pouvait changer les méthodes, les programmes, à sa guise, maîtres et élèves seraient désorientés et perdraient leur temps. Le conseil supérieur est nécessaire pour maintenir l'unité et empêcher les innovations trop fréquentes, les utopies dangereuses.
Avec le monopole universitaire, le conseil supérieur
était chargé des intérêts de l'université ; c'était en nom qu'il secondait ou dirigeait le ministre et surveillait les méthodes d'enseignement et la discipline des écoles publiques.
Depuis que l'enseignement est libre, le conseil supérieur ne doit plus être l'organe de l'université et du monopole, mais le représentant des droits et des intérêts de la société tout entière.
D. Faites-nous connaître l'organisation du conseil supérieur, d'après la loi du 19 mars 187;*.
R. Aux termes de l'article 1er de la loi du 15 mars 1850, la plupart des membres du conseil supérieur de l'instruction publique étaient élus par le corps auquel ils appartenaient.
Le décret du 9 mars 1852 conféra, au contraire, au président de la république, le droit de nomination et de révocation de tous les membres du conseil.
La loi du 19 mars 1873 rétablit le principe de l'élection, psur donner au conseiller plus de stabilité et d'indépendance.
Le conseil supérieur était composé des meilleurs éléments: la loi y avait mis les représentantsde tous les grands intérêts sociaux, des légistes, des militaires, des marins, des ministres des cultes, des magistrats, des membres des cinq classes de l'Institut, des diverses Facultés, des représentants des enseignements spéciaux (commerce, agriculture), des membres de l'enseignement libre.
D'après la loi du 27 février 1880, le conseil supérieur se compose de près de soixante membres ; et savez-vous combien sont pris dans l'enseignement libre? quatre; combien dans le clergé et renseignement congréganiste ? aucun. On le voit, c'est toujours le monopole universitaire, destiné par l'Etat, omnipotent, centralisateur, à entraver la mission de l'Eglise, à étouffer la liberté, l'initiative individuelle, la concurrence, le progrès.
Après avoir chassé Dieu de l'école, l'anti- christianisme a banni du conseil supérieur de l'instruction publique les
ministres de Dieu, les représentants autorisés de la religion de la grande majorité des Français. Pour déchristianiser la France dont le christianisme est l'âme, on déchristianise l'enseignement, l'armée, tous les organes du corps national, qui finira par devenir un cadavre. Voici comment le conseil supérieur de l'instruction publique est organisé par la loi du 27 février 4880, qui serait excellente sans le virus irréligieux qui le vicie par réticence, comme nous venons de le remarquer.
Loi du 27 février 1880 relative au conseil supérieur de 1 instruction publique et aux conseils académiques '.
TITRK PREMIER