‹ Catéchisme politique (volume 2)Chapitre 242 sur 266 · CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES

D. Ces réflexions que vous taisiez en 1874 sont encore plus nécessaires aujourd'hui ; depuis cette époque, on a progressivement étendu la liberté d'association pour le mal, restreint la liberté d'association pour le bien. Tout est permis à la franc-maçonnerie, qui forme un Etat dans l'Etat et dicte ses volontés aux pouvoirs ; les congrégations religieuses sont menacées dans leur existence, après avoir été en tout exclues du droit commun.

R. Pour juger sainement , au point de vue humain, politique, il faut tenir compte du milieu, des circonstances, du régime, de l'opinion. C'est pourquoi je comprendrais qu'actuellement en France, on soumit, comme aux Etats-Unis, aux mêmes dispositions légales toutes les associations indistinctement, en punissant les crimes et délits

dont elles se rendraient coupables contre l'Etat ou les particuliers. Le droit commun, conforme à l'égalité proclamée dans nos constitutions, satisferait tout le monde, excepté la secte maçonnique. Un projet de loi sur les associations sera bientôt discuté par le parlement : d'après le sommaire que les journaux en ont publié, il est à craindre que cette nouvelle législation ne soit dictée par la haine et empreinte d'iniquité contre les associations catholiques, principalement contre les congrégations ; c'est-a-dire qu'elle ne soit systématiquement hostile à tout ce qui intéresse la religion de la grande majorité des Français, pour favoriser exclusivement les sectes qui nous oppriment par leur audace, malgré leur infime minorité.

D. Est-ce que vous voulez terminer ce chapitre par une pensée de découragement?

R. Telle n'est pas mon intention. Je vous ai dit que nous étions, au fond, la majorité, la très grande majorité: nous sommes sûrs de la victoire, si nous luttons sur le terrain des intérêts religieux et conservateurs, et si, è l'exemple de la très infime minorité, devant laquelle nous avons la lâche et honteuse habitude de baisser pavillon, nous nous organisons, pour la lutte, par Y Association. Nous le devons, il le faut, Dieu le veut. Le Saint- Père dans sa dernière et admirable encyclique sur la situation des ouvriers nous exhorte vivement à créer des associations et il indique l'esprit qui doit les animer, les règles principales qu'il y faut observer. Je reproduis intégralement, malgré sa longueur, le passage relatif à cette grande question des associations qui est plus que jamais à l'ordre du jour.

Page 1