HYGIÈNE DU SOLDAT
Grâce à la prévoyance de M. Sainte-Claire-Deville, Paris assiégé n'a pas eu à souffrir du manque de sel marin, indispensable à la constitution du sérum du sang: pour Melz, il n'en fut pas de même, la garnison eut à supporter cette privation, l'une des plus dures que Ion puisse imposera l'homme.
Les féculents entrent pour une large part dans la nourriture du soldat.
Dans les réserves des villes exposées au siège, on devra accumuler les blés durs qui se conservent mieux et qui fournissent un pain plus riche en azote. Le pain de munition doit de préférence êire blanc, sa couleur, sa saveur, son odeur indiquant qu'il ne contient rien de suspect et partant inspirant aux hommes une plus grande confiance, 11 faut veiller à ce que la quantité d'eau retenue par le pain ne soit pas trop considérable, 100 kil. de bonne farine devant rendre en moyenne 132 kil. de pain. Dans certaines garnisons, on a employé des graines et des farines contenant des germes de V oïdium auranlianum, qui se développaient avec une grande rapidité sous l'influence de la chaleur et d'un excès d'eau.
La quantité de pain distribuée aux troupes varie de 650 à l.OOt) grammes chez les différentes nations, et suivant les lois delà température.
Le biscuit de mer présente de grands avantages, en obligeant le soldat à la mastication; il fortifie les dents et les gencives et il prévient aussi la gingivite ulcéreuse.
11 serait même bon, en temps de paix, desoumeltre parfois les hommes à l'usage du biscuit, pour leur en faire bien connaître les avantages.
La soupe fait le soldat, d'après un vieil adage, qui est passé en axiome. Or, en campagne il n'est pas toujours facile de se procurer de la viande fraîche, et le bouillon est long à préparer de cette manière. Avec l'extrait de viande, on fait la soupe en quelques minutes. Il paraît donc nécessaire d'en introduire l'usage dans l'armée. Il faut aussi tâcher de composer un aliment portatif du même
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genre, maïs meilleur, | il m > facile à conserver que l'ébsvhirsl des Allemands; c'est un saucisson composé de farine de pois, à laquelle on a associé de la viande el du lard. A.vcc ce sauc.iRson, on peut, en huit minutes, obtenir un potage relativement nutritif. Le poids de chaque saucisson CSl dune livre; les soldats en reçoivent un par trois hommes pour un repas.
L'eau-de-vie ne sera utile qu'à la condition d'en faire un usage très modéré; elle ne nourrit pas, et elle prédispose aux refroidissements.
Le vin, au contraire, rendra de grands services à la dose d'une distribution par jour.
Le café est un excellent modificateur hygiénique, dont l'usage dans les pays chauds doit être considéré comme indispensable.
Le tabac, qui atténue l'ennui, peut, par suite, prévenir la nostalgie, tel est son seul but utile. «Fumez et faites fumer vos chasseurs » disait de Brack, un de nos meilleurs généraux.
Le jeune soldat n'a plus à souffrir de l'insuffisance de sommeil, ni de l'excès de fatigue. On a aussi allégé le poids dont il est chargé en marche. En 1812, le fantassin portait 35 kilos, dans la dernièrecampagne d'Italie, 28 kil. Or, il est démontré que le soldat d'infanterie, indépenpendammentde la force qu'il dépense dans la locomotion, possède une force de transport équivalente à 28 ou 29 kil. C'est sur ces expériences qu'a été calculé le poids des charges réglementaires, qui n'excèdent jamais 30 kilos au maximum, avec la ration de huit jours de vivres, deux jours en temps normal.
Un mot sur le choix des chaussures et du vêtement. La botte à la façon allemande, qu'il avait été question d'introduire dans notre équipement, ne présente pas les avantages du soulier à guêtre. Ce dernier mode de chaussure laisse à l'articulation tibio-tarsienne toute sa liberté; et pouvant être à volonté serrée ou relâchée, la guêtre se prête à toutes les exigences de la fatigue et de l'exercice.
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Pour le vêtement, des médecins conseillent comme pardessus la toile en caoutchouc, pour garantir de la pluie et du contact de la terre humide. Ils défendent d'accumuler, dans les villes, les jeunes soldats habitués à l'air des campagnes.
Ils blâment, avec raison, certains cas d'exemption. Beaucoup d'infirmes, de garçons trop petits de taille, de myopes, feraient d'excellents employés d'administration. Les goitreux et scrofuleux, parmi lesquels on compte par année 2,700 réformés, devraient être dirigés sur les ports de mer, y être employés dans les différents services de la marine, et au moment de leur libération on les rendrait guéris à leurs villages.