‹ Catéchisme politique (volume 2)Chapitre 260 sur 266 · EXERCICES, MANŒUVRES · texte numérisé non relu

EXERCICES, MANŒUVRES

savent pas nager ! Quelle figure eussent-ils faite dans l'armée romaine, qu'on obligeait, lorsqu'elle était couverte de sueur, de traverser les rivières à la nage? J'ai lu, ces jours-ci, quelque chose de plus singulier : le commandant du navire le /<'., qui vient de couler dans un de nos ports de la Méditerranée, par suite de fausses manœuvres, soit de la part de ce bâtiment, soit de la part de celui avec lequel il a eu une rencontre, le commandant, dis-je, qui d'ailleurs a fait preuve d'un grand courage, ne savait pas nager ! J'ignorais qu'on pût devenir officier de marine sans savoir nager.

D. Vous me paraissez trop exigeant :

Faites le relevé de tout ce que vous voulez qu'un homme sache et il taudra au moins 10 ans d'instruction.

Les Romains savaient nager mais il n'était pas nécessaire chrz eux pour arriver officier de passer 10 ans sur les bancs «'es collèges et de subir je ne sais combien d'examens, mais veuillez continuer.

R. Nos grandes manœuvres étaient aussi très-défectueuses et presque dérisoires ;elles se faisaient sur un terrain peu étendu, ne duraient que quelques heures et ressemblaient à des scènes militaires représentées sur un théâtre.

Aujourd'hui en France, en Prusse, en Autriche, en Russie, et chez toutes les nations militaires, tout se passe, dans les grandes manœuvres, comme dans une vraie guerre. Deux armées, munies de leurs bagages et de leurs attirails de campagne, placées à une distance de vingt lieues l'une de l'autre, ont pour mission l'une de défendre, l'autre de prendre tel point stratégique, telle ville, telle partie du territoire ou de la frontière, dans le délai de quinze jours à partir de tel jour. C'est, on le voit, une vraie campagne où tout e*t réel et rien hypothétique. Une armée ne fait pas semblant de déjouer les plans de l'ennemi, elle les déjoue ; de l'espionner, elle l'espionne ; de le surprendre, elle le surprend; d'occuper une position, elle 1 occupe. Les généraux apprennent, par expérience, le temps juste

que mel une division pour se porter d'un point à un autre point, à travers tel «ni tel obstacle s'j déployerel 8e battre. On s'habitue ainsi au métier d'éclaireurs. On voil ce qui, dans la pratique, est cause que les vivres et les munutions ne sont pas à la portée des troupes, dans les déplacements subits, imprévus et considérables, qu'entraîne la guerre. On aperçoitcc qu'il va de défectueux dans l'équipement et l'habillement du soldat.

Un colonel de l'état-major russe, qui a suivi en 1880, les grandes manœuvres de notre 42e corps d'armée, a inséré cette phrase dans les conclusions d'un rapport officiel : « La cavalerie a de bons chevaux, monte bien et se distingue par une grande souplesse dans les manœuvres. »

Quant à notre artillerie, elle fait l'admiration de tous ceux qui la voient évoluer aux grandes manœuvres; elle ne connaît plus d'obstacle; à peine a-t elle reçu un commandement qu'elle franchit haies, fossés et en un clin d'œil prend la position la meilleure et à peine arrivé» es| prête à tirer.

ARMEMENT, FORTIFICATIONS, CHEMINS DE FiR

D. Nous préparons et exerçons les hommes: préparonsnous aussi les choses nécessaires pour repousser une agression?

P.. Nons travaillons à donner à nos armes cette perfection que nous savons mettre à tout, même aux inventions créées par des imaginations plus hardi.

hst-ce un bien, est-ce un mal que l'Etat se soit réservé la fabrication des armes? 11 y a du pour et du contre. On dit qu'avec le monopole de l'Etat, on reste routinier, stagnant, au lieu de progresser. Les partisans du monopole prétendent que les armes fabriquées par l'industrie privée sont moins précises, moins sûres, moins pratiques. On pourrait éviter les inconvénients ^\o< deux systèmes par un terme moyen ; que l'Etat fabrique ou fasse fabriquer sous sa direction, sa surveillance, son contrôle ; mais qu'il

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