ARMEMENT, FORTIFICATIONS, CHEMINS DE FER
encourage et slimule l'initiative privée pour les inventions et les perfectionnements, accueillant bien les créations qu'on lui soumet, les exaMiinant avec soin, sans parti pris, et récompensant les inventeurs qui le méritent. Quoi qu'il en soit, tout le monde sait que nous avons maintenant un excellent fusil et un canon certainement égal, probablement supérieur à celui de l'Allemagne. Disons-le d'ailleurs hardiment nous devançons tout le monde actuellement.
D. Quel est notre système actuel de fortifications?
R. Nous avons appris, à nos dépens, que les villes fortifiées, suivant l'ancien système, ne peuvent plus résister à l'artillerie moderne. Nous avons donc entrepris, autour de chacune de nos places fortes (Belfort, Toul, Verdun, Langres, Besançon, Paris, etc.) la construction d'une série de forts détachés, assez éloignés de la ville, pour reculer suffisamment la ligne d'attaque et permettre aux armées de cent, deux cent mille hommes, de manœuvrer sous la protection des feuxcmisés des forts. Nousavons fortifié tous les points culminants des environs. Tous les forts doivent être reliés entre eux par un chemin de fer stratégique, et mis en communication par un télégraphe et un téléphone souterrains. Un service d'aérostats et de pigeons voyageurs permettra à chaque place forte assiégée de correspondre avec les autres principales forteresses de la France et avec la capitale. Des casemates voûtées, à l'épreuve de la bombe, sont pratiquées sous les remparts pour y loger la garnison.
Mais, avec un progrès incessant, il faut tenir compte qu'un changement considérable va se produire dans l'artillerie par l'adoption des canons à tir rapide.
Nous devrons faire subir à notre défense maritime la même modification : nos ports étaient à l'abri de l'ancienne artillerie qui tirait à trois ou quatre kilomètres au plus, ils sont entièrement exposés à la nouvelle qui a une portée de huit kilomètres. Que seraient devenus, en 1870, le Havre, Calais, Boulogne, Dunkerque, Cherbourg même et peutêtre Marseille, si nous avions eu affaire à une puissance
maritime? M. Tbomé de Gamond propose deux moyens pour protéger nos ports :
« 1° Creuser des arrière-ports dans l'intérieur des terres, à huit ou dix kilomètres de la mer, et réunis aux ports actuels par de vastes canaux capables de tenir les navires de toute grandeur qui fréquentent cette mer.
» 2° Ouvrir targimmt à la navigation maritime rentrée de nos grands fleuves; les rendre praticables en permanence aux navires de commerce de toute classe, et cela dans de telles proportions qu'ils puissent, en temps de guerre, servir de refuge aux flottes et à t< ut le matériel naval du pays. Qu'on lasse de Paris un port de mer ; qu'on créé le canal des deux mers (Océan-Méditerranéej ; la France sera définitivement imprenable. »
D. Nos chemins de 1er sont-ils suffisamment stratégiques?
R. Notre réseau de chemins de fer était très imparfait au point de vue stratégique, en 1870- 187], et le service des chemins de 1er et des télégraphes n'était point organisés militairement.
On a beaucoup fait depuis pour organiser ce moyen de défense; il reste encore quelque chose à faire Personne n'a mieux traité ce sujet important nue M. L. Détroyat, dans le journal la Liberté. Nous en détachons les paragraphes suivants :
« En jetant les yeux sur la nouvelle carte de France on voit que notre frontière, au nord et à l'est, est couverte par les places de Mézières, Verdun, Toul, Chaumout, Langres, Lunéville, Vesoul et Belfort.
» C'est donc en mettant ces points en communication directe et rapide que nous formerons notre première ligne naturelle de défense, celle-ci devant ensuite, bien entendu, être reliée par des artères à la seconde ligne qui sera en arrière, plus loin de la frontière.
» Or, il est facile de constater que, de tous ces points, Vesoul et Belfort sont les seuls qui soient à peu près bien reliés. Quant à Langres, on est obligé, pour y arriver de