LE DUEL
violation de la loi divine, en état de péché mortel, pour employer le langage canonique.
D. Celui qui, provoqué en duel, refuse de se battre, ne risque-t-il pas de passer pour un lâche?
R. En refusant le duel, il pourra passer pour un lâche aux yeux des gens qui ont l'esprit du monde, condamné par Jésus-Christ. 11 acquerra de l'honneur et sera réputé brave aux yeux de Dieu et au jugement des chrétiens, des hommes sages et judicieux, parce qu'il aura eu le courage de se vaincre lui-môme, de résister aux préjugés, de supporter les injures, de sacrifier sa susceptibilité à la saine nature, à la droite raison, à la justice, au bien de l'État, aux lois divines.
D. De quelle peine l'Eglise frappe-t-elle les duellistes?
R. Elle les prive des honneurs de la sépulture religieuse, à moins qu'ils n'aient donné des signes de repentir avant d'expirer.
D. Ce que vous dites là me semble bien sévère, en présence des moeurs, de la coutume, des préjugés qui régnent aujourd'hui.
R. J'ai reproduit fidèlement la doctrine catholique sur la matière, les lois de l'Église : dura lex, sed lex.
Mais je reconnais que, dans l'état actuel de l'opinion, il y a des situations délicates d'où il est difficile de sortir : le premier devoir du chrétien est de ne pas s'y exposer. C'est pourquoi si un catholique, après avoir lancé à la figure de quelqu'un un outrage sanglant, répondait, à une demande de réparation par les armes « que sa croyance lui interdit d'accorder cette satisfaction, » — ce qui est pourtant absolument vrai — , il s'exposerait à cette riposte embarrassante. « Votre croyance vous interdisait avant tout et surtout d'injurier, d'outrager votre prochain ; il fallait commencer par là : vous faites donc un choix parmi les commandements de Dieu et de l'Église, ne retenant que ceux qui vous arrangent? »
D. Les lois civiles punissent-elles aussi le duel?
R. Autrefois elles le punissaient sévèrement. Aujour-
d'hui, elles se taisent à ce sujet, et c'est une fâcheuse lacune, que la jurisprudence a tenté de combler depuis près de quarante ans, en appliquant au duel les dispositions du code relatives à l'homicide et aux blessures.
D. Quelle est la teneur du sixième commandement de Dieu.
R. Le sixième et le neuvième commandement défendent toutes les sortes de péchés contraires à la vertu de chasteté, soit dans le mariage, soit hors du mariage. Nous nous sommes suffisamment étendu sur ce sujet majeur, et avons indiqué l'amélioration admirable que le christianisme a introduite dans les mœurs, en proscrivant la polygamie, le divorce, la prostitution, en prescrivant l'inviolabilité, la sainteté du mariage, la pureté des mœurs.
COMMENT ON VIOLE LA JUSTICE ENVERS LE PROCHAIN ; COMMENT ON RAVIT SON RIEN ET COMMENT ON LÈSE SES INTÉRÊTS DANS LES DIVERS ÉTATS ET CIRCONSTANCES; LES FEMMES; LES EN- FANTS ; les négociants; monopoles, coalitions, grèves;
LES NOTAIRES, LES AVOCATS, LES AVOUÉS; DÉRRIS DE NAU- FRAGE, CHOSES TROUVÉES; DÉRITEURS, TRAVAILLEURS, COOPÉ- RATION NÉGATIVE A L'iNJUSTICE, USURE, ETC.
D. Quel est le septième commandement de Dieu?
R. Il porte: « Non furtum faciès: Vous ne commettrez point le vol », c'est-à-dire, vous ne prendrez point ni ne retiendrez le bien d'autrui injustement.
Le dixième commandement va plus loin, il défend de convoiter le bien d'autrui: « "Vous ne désirerez point la maison de votre prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de" ce qui lui appartient ».
D. A quelles prescriptions ces commandements serventils de base?
R. L'Église a déduit de ce texte de l'Écriture sainte et d'un grand nombre d'autres, sa doctrine, ses lois, sa jurisprudence, que nous admirons aujourd'hui dans notre