‹ Catéchisme politiqueChapitre 104 sur 233 · Prov., vin · texte numérisé non relu

Prov., vin

2. Voir les sources dans les conl. d'Angers ou dans l'ancien catéchisme de Montpellier.

COMMENT ON VIOLti LA JUSTICE 441

plus cher les articles provenant de l'industrie où les salaires auront été élevés démesurément.

D. Continuez votre énumération des ravisseurs du bien d1 autrui.

R. Les huissiers, les notaires, les avocats, les avoués, qui exigent au delà de leurs droits, qui traînent les procès en longueur pour gagner davantage, qui engagent par des conseils intéressés leurs clients dans des affaires et des procès qu'ils savent mauvais, qui contribuent sciemment à faire perdre une cause juste. Car les principes de la droiture chrétienne ne permettent pas à un avocat d'appuyer l'iniquité et le mensonge, pour combattre l'équité et la vérité : « Si par artifice et employant des voies injustes, il t'ait gagner un procès injuste, il est obligé à restitution envers la partie lésée » ; ce sont les propres termes de saint Augustin ;

Les soldats qui, en temps de guerre, pillent les ennemis ; les chefs qui souffrent ou ordonnent ces brigandages ;

Les marins ou les habitants des côtes, qui s'emparent des débris d'un vaisseau naufragé, trouvé à flot en mer ou près des rivages, ou de sa cargaison, ou des marchandises que la tempête a contraint les marchands de jeter à la mer; c'est dépouiller un propriétaire de ses biens, c'est aggraver le sort des malheureuses victimes de la fureur des éléments: quelle criante injustice, quelle odieuse et inhumaine cupidité !

C'est ainsi que s'expriment les papes Grégoire VII, Alexandre III, Honoré II, Jules II, Paul III, défenseurs du droit naturel et du droit chrétien.

C'est encore prendre injustement le bien d'autrui que de garder une chose trouvée: « Lorsque vous verrez le bœuf, ou la brebis de votre frère, égarés, vous ne passerez point votre chemin, mais vous les ramènerez à votre frère. Lors même qu'il ne serait point votre parent, lors même que vous ne le connaîtriez point, vous mènerez ces animaux à votre maison, et ils y demeureront jusqu'à ce

que vous en ayez découvert le possesseur à qui vous les rendrez. Vous ferez de même à l'égard de l'âne, ou du vêtement, ou de quoi que ce soit que votre prochain ait perdu : quand vous l'aurez trouvé, vous en aurez soin et ne le négligerez point sous prétexte que ce n'est pas à vous, mais à un autre ». En vain s'excuserait-on de garder une chose, parce qu'on ignore à qui elle est; qu'on remette la chose trouvée entre les mains de l'autorité municipale ou dans les bureaux de la police. On n'a droit à se faire payer que ce qu'il en a coûté pour recueillir, conserver, rapporter ou amener la chose perdue.

Sont encore violateurs du septième commandement et de la justice qui veut que chacun ait ce qui lui appartient :

Ceux qui ne paient pas leurs dettes, et l'injustice est encore plus criante s'ils négligent de payer les gages de leurs serviteurs ou de leurs ouvriers qui sont dans le besoin;

Ceux qui par leurs dépenses superflues se mettent hors d'état de payer leurs dettes, ou qui usent de fraudes pour frustrer leurs créanciers;

Ceux qui font des dépenses supérieures à leurs moyens, et empruntent pour les payer des sommes qu'ils savent bien ne pouvoir rendre ;

Ceux qui s'étant accommodés par adresse avec leurs créanciers, pour ne leur payer qu'une partie de la dette, ne s'acquittent point entièrement, lorsque leur fortune devient meilleure et qu'ils sont en état de tout payer;

Ceux qui, comme les fermiers, les intendants, les tuteurs, les curateurs, après avoir joui du bien d'autrui ou l'avoir administré, n'en rendent pas un compte fidèle ;

Les serviteurs et les journaliers qui n'emploient pas le temps comme ils doivent;

Ceux, en général, qui étant chargés du bien d'autrui le négligent ;

Ceux qui ont des appointements pour exercer quelque

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