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VARIATIONS DE LA VOLONTÉ NATIONALE

position (beaucoup moins explicite), proposée au nom de la commission, mise aux voix et adoptée :

« La chambre des députés déclare secondement que, selon le vœu et dans l'intérêt du peuple français, le préambule de la charte constitutionnelle est supprimé comme blessant la dignité nationale, en paraissant octroyer aux Français des droits qui leur appartiennent essentiellement ».

En 1848, les Français, en vertu des droits qui leur appartiennent essentiellement, supprimèrent la dynastie de 1830, qui ne leur paraissait plus selon le vœu et dans l'intérêt du peuple, et avait, d'après eux, blessé la dignité nationale.

Le chapitre Ier de la constitution de 1848 ne contient qu'un article consacré exclusivement à la souveraineté :

« La souveraineté réside dans l'universalité des citoyens français.

)> Elle est inaliénable et imprescriptible; aucun individu, aucune fraction du peuple ne peut s'en attribuer l'exercice ».

Le chapitre III porte :

« Tous les pouvoirs publics, quels qu'ils soient, émanent du peuple,

» Ils ne peuvent être délégués héréditairement. »

Les 21 et 23 décembre 1852, le peuple souverain, se déjugeant de nouveau, déclara par un plébiscite de huit millions de suffrages, qu'il déléguait héréditairement les pouvoirs publics, avec le rétablissement de la dignité impériale à la personne de Louis-Napoléon Bonaparte, et à sa descendance directe, légitime ou adoptive, et lui donnait le droit de régler l'ordre de succession au trône, dans la famille Bonaparte.

Enfin, en Tannée 1871, les représentants du peuple souverain prononcèrent solennellement, presque à l'unanimité, la déchéance de Louis-Napoléon Bonaparte et de sa dynastie.

Voilà l'histoire édifiante de la volonté nationale depuis 178'J; elle peut se résumer ainsi : regarder les in-

i90 CHAPITRE IV. — SOUVERAINETÉ

stitutions politiques comme une toile de Pénélope, et faire

consister le progrès à défaire la nuit ce qu'on a l'ait le jour.

NOTRE FIKVKK D'INSTABILITÉ ; DANGERS DES RÉVOLUTIONS ET DES RÉFORMES FAITES SANS PRÉCAUTIONS.

D. En effet, ce n'est qu'un tissu de contradictions, d'inconséquences, de fautes, de désordres, de malheurs. Une personne, une famille, une corporation, qui se seraient conduites avee aussi peu de jugement, de constance et de suite, pensant et disant aujourd'hui le contraire d'hier, s'évertuant sans cesse à défaire ce qu'elles ont fait, se couvriraient de honte et de discrédit. Il faut que la France rachète ces déplorables défauts par d'incomparables qualités pour qu'elle jouisse encore d'une si grande considération.

La fièvre d'instabilité étant la maladie chronique des esprits français, ne serait-il pas utile d'en traiter un peu plus longtemps?

R. C'est m'inviter à reproduire ici ce que j'écrivais à ce sujet, au lendemain de nos désastres; j'y expose les dangers des révolutions, des changements de gouvernement : j'y indique avec quelles précautions il faut opérer les ré • formes nécessaires.

« Le vice de la France aujourd'hui est de faire trop de lois et de n'en observer presque aucune; elle oublie cette maxime « que la multiplicité des lois est le signe le plus » sûr de la corruption d'un pays. — Corruptissima repu- » blica plurimae leges, dit Cicéron ». En effet, si votre principale préoccupation est de détruire les lois faites par le parti que vous avez renversé du pouvoir et de les remplacer par d'autres, on vous imitera; les autres partis n'observeront point vos lois, dans l'espoir qu'arrivera le moment où ils vous remplaceront, vous et vos lois. Or, une nation où règne l'inobservation des lois n'est déjà plus une nation. 11 n'y a pas de gouvernement là où l'on ne

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