ÉLECTIONS : SCRUTIN DE LISTE
mette le salut de la France, quelle que soit d'ailleurs la forme de gouvernement.
La première réforme, la plus urgente, la plus utile, ne serait-elle pas d'abolir le scrutin de liste pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale?
R. Je soutenais ainsi cette opinion dans la première édition du Catéchisme politique. Pour toute fonction publique, on doit choisir le plus digne. L'élection de chaque député doit donc être le choix du plus digne. C'est pourquoi « l'électeur est tenu, en conscience, de donner son suffrage avec connaissance de cause, de prendre des informations sur la capacité et les vertus de la personne à élire ; enfin, de chercher le plus digne, pour éviter l'élection des indignes, des incapables, et même des moins dignes et des moins capables, dont l'élection causerait du préjudice à la communauté et à ses membres, qui seraient gouvernés par de tels hommes ». Ainsi s'exprime excellemment le code électoral ecclésiastique ; car il faut que vous sachiez que l'Église a pratiqué l'élection a peu près universellement pendant plus de douze cents ans, qu'elle continue de la pratiquer dans tous les cas où elle le peut, notamment pour la nomination du pape, élu par les cardinaux, el dans tous les Ordres religieux, qui sont des modèles parfaits de sociétés bien organisées !. Or, l'élection française, avec le scrutin de liste, est réduit à l'impossibilité absolue et matérielle de choisir le plus digne, de savoir même pour qui il vote. Que dis-je? la plupart des électeurs ne connaissent pas les noms des candidats à la députation pour leur département; « ils ne pourraient pas vous les réciter tous », comme le remarque ingénieusement M. l'abbé Defourny : «Il faut qu'on mette ces noms sous leurs yeux pour qu'ils puissent les copier ou qu'ils acceptent un bulletin manuscrit ou imprimé », qu'ils jettent dans l'urne sur l'injonction des chefs des partis, des agents des coteries politiques, ou d'après les conseils de deux ou trois personnes instruites et consciencieuses de