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LA PROSPÉRITÉ NATIONALE

Voici, depuis, les budgets que la nation eut à payer sous les divers gouvernements :

Restauration: 1 milliard, 15 millions;

Goùrvernement de Juillet : 1 milliard, 400 millions;

République de 1848 : 1 milliard, 572 millions ;

Deuxième Empire : 2 milliards et 200 ou 300 millions ;

Troisième République (1875) : 2 milliards, 581 millions *.

(1887) : Environ 3 milliards, 200 millions.

D. Ce n'est pas tout que d'aligner les chiffres de ces budgets, il faut les apprécier judicieusement, impartialement.

R. Sans aucun doute. C'est pourquoi les monarchistes doivent reconnaître que, lors même que la monarchie eût régné sans discontinuation jusqu'aujourd'hui sur la France, nous paierons plus d'impôts en 1887 qu'en 1825 ; mais peut-être en paierions-nous beaucoup moins que nous en payons de fait aujourd'hui : les révolutions, les guerres, les emprunts qu'elles nécessitent, chargent le budget d'une nation, comme les changements, les procès, appauvrissent les individus, les familles.

Pour être juste, il faut remarquer aussi que la république du 4 septembre n'est responsable que dans une certaine proportion du budget de 3 milliards 200 millions, dont nous supportons le poids si lourd.

Le deuxième empire n'a pas été très économe : il nous a laissé des charges énormes et une invasion qui pouvait achever notre ruine. D'après les monarchistes, le gouvernement du 4 septembre, en prenant sans aucun titre, en usurpant la direction de nos affaires, a endossé toute la responsabilité des frais énormes d'une guerre de résistance, conduite en dépit de toutes les règles de l'art, et de la rançon monstrueusement exorbitante que la Prusse exigea d'une république non reconnue par l'Europe, isolée, sans appui, mais qu'elle eût craint d'imposer à une monarchie.

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