‹ Catéchisme politiqueChapitre 148 sur 233 · Voir, pour plus de détails, le chapitre x · texte numérisé non relu

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D. Que pensez-vous de celte appréciation?

R. Elle est sujette à caution ; la seule considération pratique qu'elle suggère selon moi est celle-ci : la question financière est une de celles que les républicains doivent regarder comme un écueil dangereux, où la république peut sombrer si ceux qui tiennent le gouvernail ne la dirigent pas immédiatement vers l'économie.

Le progrès moral: statistique.

D. L'étendue du territoire, l'unité nationale, la prospérité des finances, la bonne organisation de l'armée et de tous les services publics, sont des biens précieux pour une nation, mais cela ne suffit pas pour constituer sa grandeur : le premier élément de la grandeur d'une nation, c'est la moralité des citoyens ; la première nation du monde est la plus morale, la plus vertueuse; tout éclat qui ne repose point sur la vertu est factice, éphémère. C'est la pratique de la vertu qui trempe fortement les âmes et les rend capables de grandes choses. Le meilleur gouvernement est celui sous l'influence duquel fleurit la morale ; le pire des gouvernements est celui qui a pour effet de corrompre et de dépraver la nation,

Y a-t il un moyen sûr de comparer les gouvernements sous ce rapport?

R. Les monarchistes répondront qu'il y a un moyen infaillible. Le garde des sceaux adresse, chaque année, au chef de l'Etat, un rapport sur l'administration de la justice pendant l'année écoulée ; c'est une statistique exacte des crimes et délits. A l'aide de ce document et des ouvrages de statistique de M. Bloek, on peut établir, avec Texactitudde mathématique de chiffres certains, le niveau moyen de la moralité sous nos divers gouverne ments.

D. Je soupçonne un sophisme, cum hoc ergo propter hoc; la morale est peut être inhérente à la forme de gouvernement qui l'accompagne, comme le vin à la co-

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