‹ Catéchisme politiqueChapitre 167 sur 233 · HÉRÉDITÉ, LOI SALIQUE; MINORITÉ, RÉGENCE · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ, LOI SALIQUE; MINORITÉ, RÉGENCE

D. Les neuf dixièmes de ces dispositions conviennent à notre régime républicain actuel et la plupart y existent. Mais notre monarque est élu et il ne l'est que pour sept ans. Là est la différence capitale de la monarchie héréditaire. Abordons les détails; dites-nous d'abord un mot de ce qui concerne la famille Royale.

R. Voici les vieilles maximes du droit public français et de la plupart des autres royaumes.

4° La couronne était héréditaire dans la famille des rois de France de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, ou de premier né. En vertu de ce principe, le fils du fils aîné du roi succède au trône à défaut de son père, de préférence à tous ses oncles. Cet ordre de succession, nettement déterminé, est à la foi juste et utile, conforme au droit civil et aux leçons de l'expérience, qui nous enseigne combien les rivalités entre frères, entre membres de la même famille royale, sont désastreux pour une nation, e[ combien il importe de les prévenir.

2° Les femmes sont exclues du trône, parce qu'elles sont

faites pour être dirigées par les hommes el non pour les diriger, qu'il s'agisse du gouvernement des royaumes ou de celui des familles : puisque les femmes ne peuvenl exercer aucune magistrature inférieure, telles que celles de ministres, (le députés, de juges, de préfets, de maires, etc., à plus forte raison ne Bont-elles point destinées à occuper la magistrature souveraine et à être chefs suprêmes de l'État. Le rôle de la femme est de former des hommes capables de remplir dignement les fonctions auxquelles leur naissance ou leur mérite les appelle; de les soutenir et encourager dans l'accomplissement de leurs devoirs, par des conseils et des félicitations, qui ont tant d'empire venant d'elles; elles peuvent exercer la plus puissante et la plus heureuse influence dans les familles, dans les Etats, sur l'humanité tout entière, sans y tenir les rênes du gouvernement.

Avouons toutefois qu'avec le gouvernement constitutionnel l'admission des femmes au trône offre moins d'inconvénients ; là, une reine n'a qu'à tenir le sceptre, ce sont ses ministres qui gouvernent : l'Angleterre est prospère sous le gouvernement d'une reine.

Nous avons vu que la plupart des constitutions règlent ce qui a trait à l&minorité des rois et à la régence, afin de ne point laisser la décision d'une chose aussi importante au caprice d'un roi, aux intrigues d'une cour, ou au hasard des événements. La charte de 181 i se tait là-dessus, et c'était une lacune à combler. Toutes les constitutions s'accordent à faire durer la minorité du roi jusqu'à dixhuit ans accomplis. C'est généralement un prince de la famille qui est appelé à la régence; mais tantôt c'est le prince le plus proche en degré qui' est régent de droit, tantôt c'est le prince que le roi a désigné de son vivant; tantôt le parlement pourvoie à la tutelle et à la régence; tantôt les femmes sont exclues de la régence, tantôt la reine-mère est, en certains cas, régente; tantôt on défère la régence du vivant du roi, tantôt après sa mort; on enlève quelquefois la tutelle à la reine-mère, tout en lui lais-

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