LA SOCIABILITÉ PROUVÉE PAR LA GENÈSE
D. Quel est le monument historique qui atteste ce fait considérable?
R. Le monument historique le plus ancien et le plus authentique, la Genèse. Ce saint livre, qu'on ne peut s'empêcher de considérer comme l'écrit le plus admirable et le plus vénérable que possède la terre, ce livre nous fait connaître l'homme tel qu'il était en sortant des mains du créateur, tel qu'il devint après sa mystérieuse chute et tel que le rétablit la rédemption divine ; or, nous voyons clairement que, dans ses trois phases de l'humanité, la nature de l'homme a toujours été, quoique à des degrés différents, sociable et non sauvage.
Ainsi la Genèse nous raconte que Dieu, après avoir créé l'homme, se dit : « // ri est pas bon que ï homme soit seul; je lui ferai une aide, semblable à lui ». En effet, Dieu forma la femme, et c'est de l'homme qu'il la forma. Adam, qui, jusque-là, en passant en revue tous les animaux, n'en avait trouvé aucun qui lui ressemblât et qui fût de même nature que lui, se reconnut dans Eve, et s'écria plein d'admiration et d'amour : « Yoilà l'os de mes os, la chair de ma chair »; voilà un être de même nature, de même espèce que moi ; voilà ma compagne.
Dès lors fut proclamée la loi du mariage, l'union indissoluble de la famille, base fondamentale de toute société: « l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et ils ne seront ensemble qu'une seule et même chair » ; l'époux et l'épouse ne seront en quelque sorte qu'une seule et même personne, par la communauté d'intérêts et de sentiments, par le pouvoir qu'ils auront sur le corps l'un de l'autre, par leur union intime, et par la production d'enfants qui seront le sang et la ressemblance de l'un et de l'autre.
Voilà donc une loi sociale, dans toute sa pureté, dans toute sa perfection, qui a pris naissance en même temps