‹ Catéchisme politiqueChapitre 21 sur 233 · RÉFUTATION DE ROUSSEAU ET DE DARWIN · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE ROUSSEAU ET DE DARWIN

La nature entière est comme la mer, elle obéit aux lois du Tout-Puissant et ne franchit jamais les limites qu'il lui a tracées.

D. Mais l'homme n'a-t-il jamais vécu à l'état sauvage? qui sait depuis combien de temps il est sur la terre et par quelles transformations il a passé? comment accorder là dessus la science et la fui ?

R. L'accord est facile à établir si l'on ne fait dire à la science et à la foi que ce qu'elles disent réellement. Sachez d'abord qu'il n'y a pas une chronologie biblique érigée en article de foi. L'Église n'a jamais décidé depuis combien de siècles l'homme est sur la terre : quant aux âges de pierre, de bronze, de fer, etc., par lesquelles certaines peuplades, ou même toutes, ont pu passer, ils n'ont rien de contraire à la Genèse qui ne s'occupe point de ces questions. La Genèse nous apprend que l'homme a été créé parfait, qu'il a éprouvé une déchéance par suite d'une chute morale, d'une désobéissance à la loi de Dieu, qu'une rédemption divine l'a relevé dans certaines conditions et qu'une révélation divine lui a permis, encore dans certaines conditions, de se guider à travers les ténèbres où sa chute l'avait plongé. Ces données expliquent la faiblesse, les imperfections de l'espèce humaine, et en même temps sa perfectibilité relative. Mais quelles que soient les phases par lesquelles l'homme a pu passer depuis sa chute, il n'a jamais cessé d'être sociable.

La vraie philosophie a toujours été d'accord sur ce point avec les livres saints, Aristote tient que l'homme est essentiellement sociable, Çodv 7roXtTixdv. Ce sentiment est celui de presque tous les publicistes de notre siècle, comme le remarque M. Pradié-Fodéré \dans ses Commentaires du droit des gens, de Vattel), et il le partage lui-même entièrement: « La société », dit-il, « n'est pas une œuvre humaine, sortie de la convention des hommes, fatigués par les désordres de l'état de nature. Dieu a fait l'homme sociable, comme il l'a créé animal vertébré, et il n'est pas plus en notre pouvoir de nous soustraire à la puissance

8 CFIAPITRE PREMIER. SOCIABILITÉ

de cette loi morale, que de changer les rapports des corps physiques. >>

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