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LA SOCIABILITÉ DÉMONTRÉE PAR LES PENCHANTS DE L' HOMME

D. Ne pourriez-vous pas corroborer ces preuves historiques, par d'autres, tirées de la nature.de l'homme? S'il est naturellement sociable, cela doit se reconnaître lorsqu'on examine avec attention sa nature.

R. Certainement : la nature de l'homme est, si j'ose parler ainsi, pétrie de sociabilité : en d'autres termes, presque toutes ses facultés, ses penchants et ses instincts mêmes, obligent l'homme à vivre avec ses semblables, parce que ce n'est qu'avec ses semblables qu'il peut exercer ses facultés, satisfaire ses penchants impérieux, qui deviennent, de la sorte, autant de liens sociaux, et autant de preuves irrécusables que l'homme est fait pour vivre en société et n'a jamais pu vivre autrement.

Une étude approfondie, étendue, de ces penchants sociaux nous mènerait trop loin. Contentons-nous d'en indiquer quelques-uns :

L'instinct de conservation : — nous cherchons nécessairement à nous mettre en sûreté, à sauver notre vie des divers dangers qui la menacent, à nous nourrir, à nous vêtir. L'instinct et la raison nous apprennent que l'homme isolé ne pourrait, qu'avec une extrême difficulté, parvenir à ces fins et qu'on ne peut les atteindre complètement qu'avec le secours les uns des autres, en société.

Le penchant de la famille. — Chez les animaux, la reproduction est un acte passager, isolé, effet et cause de sentiments purement physiques. Chez les hommes, la satisfaction de ce penchant devient le nœud de liens durables, encore plus faits pour unir et réjouir les cœurs que pour satisfaire les sens. Quelles douces relations, quel tendre

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