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D. Yous ne voyez personne dans l'antiquité qui fût d'un sentiment contraire?
R. Je ne vois que le législateur qui a mis au frontispice de son code : « L'homme a été créé par Dieu à son image et ressemblance », et qui a tiré de ce principe, non pas toutes les conséquences qui y sont contenues, mais toutes celles dont la pratique était possible au milieu des institutions et des idées alors régnantes : Moïse seul, avant Jésus-Christ, s'est opposé à la mutilation, à la défiguration du corps humain. Les coups envers les esclaves n'étaient pas interdits, mais on ne pouvait sévir contre eux qu'à la condition de ne les priver de l'usage ni d'une
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dent, ni d'un œil, ni d'aucun autre membre (or, les jurisconsultes comptaient vingt-quatre membres, parmi lesquels les vingt doigts des pieds et des mains, les oreilles, le nez, etc.). Toute mutilation commise sur un esclave étranger entraînait de plein droit son affranchissement; c'était punir le maître par l'endroit le plus sensible : l'intérêt. Toute mutilation pratiquée sur un esclave hébreu entraînait contre le maître la peine du talion : œil pour œil, dent pour dent. L'esclave hébreu était, sous ce rapport, placé sur le même pied que l'homme libre. La castration avait paru au législateur des Hébreux un attentat si monstrueux, qu'il l'avait interdite absolument, c'est-à-dire non seulement sur les hommes et sur les femmes, mais même jusque sur les animaux, afin de la rendre plus odieuse. Les eunuques étaient en horreur dans la Judée, et ne pouvaient jouir des droits de citoyens israélites, tandis qu'on les vit ailleurs devenir favoris, confidents des rois, ministres et maîtres des destinées d'un pays.
Il était également défendu par l'Ancien Testament (et par lui seul !) de pratiquer sur soi-même ou sur les autres des stigmates, des tatouages, des incisions, en un mot, quoi que ce fût qui pût altérer la forme naturelle du corps humain. 11 fallait respecter jusqu'à la forme de la barbe, dont on pouvait tondre l'extrémité, mais qu'on ne devait pas raser de manière à effacer du visage ce signe de la virilité, et jusqu'à celle des cheveux, qu'il était aussi défendu de raser, comme font certains peuples d'Orient, notamment les Chinois et les Japonais, qui ne laissent qu'un bouquet de cheveux au sommet de la tête ou à l'occiput, après avoir coupé le reste.
Chez les Juifs, les juges pouvaient condamner à la flagellation, mais sans mettre la vie en danger, sans nuire sensiblement à la santé. Il était recommandé aux parents de corriger leurs enfants, mais sans colère, sans méchanceté, pour le bien des entants.
Si, d'un côté, les femmes devaient obéir à leurs mari
dans toutes les choses raisonnables, d'un autre côté les maris ne devaient exercer sur elles aucune violence.