‹ Catéchisme politiqueChapitre 40 sur 233 · ESPRIT DE DOUCEUR DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

ESPRIT DE DOUCEUR DU CHRISTIANISME

la société religieuse, puisque l'Eglise terrestre est l'image de l'Église céleste, et que dans le ciel il n'y a aucune distinction de castes : il n'y a plus ni Grec, ni Juif, ni circoncis, ni incirconcis, ni barbare, ni Scythe, ni esclave, ni libre : tous les élus sont des frères, dont l'aîné est Jésus- Christ.

Si c'est une grande faute, dit saint Jean Ghrysostome, de frapper ses esclaves, quel crime n'est-ce pas de frapper sa femme 1? Tout l'Évangile est plein de textes qui relèvent la femme de l'abjection où le paganisme l'avait plongée : saint Pierre veut que le mari honore sa femme -, et saint Paul qu'il Y aime comme Jésus-Christ a aimé son Église, pour laquelle il a souffert la mort.

Lorsque l'Evangile défend de frapper même un esclave, il défend de frapper personne ; il défend donc au père et à la mère de frapper leurs enfants, s'ils veulent pratiquer la perfection évangélique. Saint Paul est clair sur ce sujet : « Et vous, pères, ne provoquez pas vos fils à la colère (en les traitant avec dureté, avec hauteur, en les frappant), mais ayez soin de les bien élever dans la discipline et la correction du Seigneur (selon l'Evangile, d'une manière chrétienne). L'Ancien Testament avait dit : Celui qui épargne la verge n'aime point son fils : Qui parcit virgam, odit filium suum, ce que notre vieux proverbe a en quelque sorte traduit en ces termes : Qui aime bien châtie bien. Le Nouveau Testament adoucit cette ancienne méthode ; la discipline, c'est l'éducation, l'instruction, la direction morale ; la correction comprend les réprimandes et les punitions; le Seigneur, c'est Jésus-Christ: or, nous avons vu que la législation de Jésus-Christ, du moins dans ses conseils de perfection chrétienne, défend de frapper personne.

Les coups semblent donc exclus de la correction chrétienne. C'est ainsi que l'entendait saint Barnabe, dont

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