I, Pierre, m
Fleury cite ces paroles : « Tu ne lèveras pas la main sur ton fils ou sur ta fille, mais, dès leur jeunesse, tu leur apprendras la crainte du Seigneur x ». Un chrétien doit apprendre à ses enfants, non pas à craindre le fouet, mais à craindre de déplaire à Dieu, à son père et à sa mère : il faut qu'un enfant regarde comme la plus grande des punitions d'entendre sa conscience lui reprocher qu'il a offensé Dieu, de voir ses parents, ses maîtres, ses égaux, diminuer leur estime et leur affection pour lui ; une mère peut rendre son enfant inconsolable en lui refusant un sourire ou un baiser, un père par le moindre signe de mécontentement; l'enfant, lorsque son père et sa mère s'occupent de lui, lorsqu'il sent qu'il est l'objet de leurs soins assidus, de leur préoccupation incessante, interroge à chaque instant leur regard, et c'est dans leurs yeux satisfaits qu'il trouve sa récompense, et boit, pour ainsi dire, à longs traits, son bonheur.
Nous ne sommes point exclusifs: nous admettons qu'il y a des exceptions, qu'il se rencontre de mauvaises natures qu'on ne peut redresser que par la sévérité ; mais il est d'autres peines que les coups, et il nous semble plus évangélique d'imposer à un enfant indocile des privations, que de le frapper.
D'ailleurs, il s'agit ici de la règle générale et non des exceptions : à ce point de vue élevé, non seulement les lois de l'éducation, mais tout le code de la famille sous le christianisme, est l'antipode de ce qu'il était sous le paganisme.
L'autorité domestique, sous le paganisme, roulait sur la violence: sous le christianisme, elle a pour pivot Vinfluence morale, que saint Paul a recommandée dans cette maxime: « Si nous vivons par l'esprit, marchons (procédons) par l'esprit 2, c'est-à-dire, chez nous ce ne sont plus les corps qui agissent sur les corps par des coups et par