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SUDATION DE LA FEMME DANS LE PAGANISME ïl
la crainte des coups, mais les esprits qui agissent sur les esprits par la persuasion, par les réprimandes, par la crainte de Dieu, et surtout par l'exemple.
SITUATION DE LA FEMME DANS LE PAGANISME; POLYGAMIE, CONCUBINAGE, DIVORCE, PROSTITUTION.
D. Il est encore une question pour laquelle je voudrais bien vous voir comparer le paganisme, le mosaïsme et le christianisme: c'est celle du mariage et de tout ce qui s'y rapporte de près ou de loin. Parlez-nous d'abord du paganisme.
R. Sur toute la terre, avant Jésus-Christ, régnait la polygamie. En Egypte, ce pays où l'on allait pour s'initier à la philosophie, aux sciences et aux arts, les prêtres épousaient une seule femme, les autres hommes en épousaient à la fois autant qu'ils voulaient. Les Perses avaient en même temps plusieurs concubines. A Sparte, la polyandrie même était une coutume nationale. « Trois ou quatre hommes, s'ils sont frères, ont une seule épouse », dit Polybe, « et les enfants leur sont communs ». La loi athénienne ne permettait que deux épouses principales, et le droit romain qu'une seule; mais chez les Romains, chez les Athéniens et chez tous les peuples il était permis d'avoir des concubines ou épouses inférieures, subordonnées à l'épouse principale; le concubinat était un mariage légitime comme l'autre, mais secondaire ; le principal mariage était destiné à perpétuer le sang, la race, le rang, le nom de la famille ; le concubinat n'avait pour but que de varier le plaisir. En joignant le concubinat au mariage ordinaire, les Romains obtenaient la polygamie sous une autre forme.
D. Je vois que la position de la femme chez les peuples païens était déplorable. N'était-elle pas aggravée encore par le divorce?
R. Par le droit de divorce le plus étendu : le mari pou-
CHAPITUE II. CIVILISATION
vait répudier aussi bien son épouse principale que concubines, et cela sous les prétextes les plus futiles, c'est-à-dire à son gré et sans avoir besoin d'aucun motif.
Parmi les raisons qui autorisent le divorce, les loi3 de Manou comptent Yespril de contradiction chez la femme, un caractère difficile; le code de la Chine, la propension à la médisance, le caractère jaloux : le code d'Annam, le bavardage. Il en était de même chez les Romains: les hommes pouvaient répudier leurs femmes à peu près arbitrairement. Il était généralement impossible aux femmes de se séparer de leurs maris: loi dont la dureté a frappé Plutarque.
D. Altéré parla polygamie, par le concubinage légal, par le divorce, le mariage chez les païens nel'était-il pas encore par la prostitution?
R. La prostitution régnait en souveraine, favorisée par les lois, consacrée par la religion. Solon, un des plus sages législateurs de l'antiquité, organisa lui-même ce désordre comme une chose salutaire et acheta des jeunes filles pour cette destination honteuse.
Le temple de Vénus, à Corinthe, était une maison de débauche, où il y avait plus de mille personnes, à l'usage des gens riches, d'où le proverbe : « Corinthe n'est pas abordable pour tout le monde, non omnibus Ucetadire Corinthum. A Rome, la prostitution devint si excessive, parmi les femmes nobles, qu'il fallut la restreindre par des lois.
Il y avait, chez la plupart des peuples païens, des fêtes religieuses, dont la célébration consistait dans des genres de prostitution qu'une plume chrétienne se refuse à décrire ; il y en avait d'autres telles que les phallophories à Athènes, les bacchanales ou dionysiaques à-Rome, les pamylies en Egypte, dans lesquelles on promenait avec pompe, et l'on exposait à la vénération publique, les emblèmes les plus obscènes.
D. Quelle attitude prirent les hommes supérieurs du monde païen, à l'égard de pareilles infamies?