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LA FEMME CHEZ LE PEUPLE DE DIEU

R. Ils les approuvèrent unanimement, ouvertement, comme chose naturelle, irrépréhensible. L'idéal de Socrate était que les femmes fussent communes et les enfants communs pour tous les hommes de tous les ordres. Bien plus, il préconisait, il pratiquait même probablement les rapports immondes des hommes entre eux, qui étaient passés en coutume chez la plupart des peuples païens, « comme une chose », disait-il, « qui, si elle était peut-être un peu contraire à la profession de philosophe, ne rétait pas du moins à la dignité humaine ».

La morale de Platon était plus pure, mais fondée sur les habitudes des oiseaux, qui sont fidèles tant que durent les unions qu'ils ont formées, et les rompent pour en former de nouvelles quand leur nature les y porte, elle permettait le divorce pour simple cause a" incompatibilité d'humeur.

Les stoïciens, à commencer par leur chef Zenon, admettaient la communauté des femmes et avaient pour principe, en ces matières, que chacun doit pouvoir suivre librement les mouvements de sa nature et ne s'inspirer que de ses penchants.

Cicéron, en qui l'on entend toute la philosophie antique, le dernier mot du progrès et de la civilisation avant Jésus-Christ, trouve qu'il serait bien sévère, contraire aux coutumes des ancêtres des Romains, d'interdire à la jeunesse la fréquentation des courtisanes ; ce sont là, dit-il, des choses permises. Dans ses Tusculanes il approuve tous les genres de plaisir (je traduis pudiquement): l'important, dit-il, est d'y mettre de la modération, de rester maître de soi-même, de ne pas se laisser aveugler par la passion: maxime empruntée àSocrate.

MORALE DU PEUPLE DE DIEU SUR CES MATIERES: MARIAGE DU JEUNE TOBIE: LA COURTISANE DU LIVRE DES PROVERBES

D. Voilà donc où en était, pratiquement et théorique-

ment, le mariage chez les païens. Quelle était sur ce point la morale du peuple de Dieu ?

R. Le peuple de Dieu avait une morale bien plus pure, qui servait d'acheminement, de transition, à la morale sublime du christianisme.

La polygamie existait chez les Hébreux, toutefois le Deutéronome avertit les rois, bien inutilement si l'on en juge par la conduite de Salomon et de plusieurs autres, de n'avoir point un grand nombre de femmes, comme les rois païens, parce qu'un roi qui a un sérail ne songe qu'aux plaisirs des sens et se laisse gouverner par ses femmes !.

Les prescriptions du Lévitique (cb. vm), destinées à préserver les Hébreux des coutumes immorales des peuples voisins, prohibent le mariage entre personnes unies par certains liens de consanguinité et d'affinité : entre le père et la fille, entre la mère et le fils ; entre le fils et la bellemère; entre les frères et les sœurs de même père et de même mère, et entre ceux qui sont de même père et non de même mère, et entre ceux qui sont de même mère et non pas de même père; entre le grand-père et sa petitefille ; entre le neveu et la tante ; entre le frère et la bellesœur (du vivant de son frère) : entre le mari et la fille de sa femme, ou la petite-fille de sa femme. Il est aussi défendu de prendre pour femmes les deux sœurs en même temps.

Le divorce était encore plus restreint que la polygamie par la législation mosaïque.

Moïse ne permet le divorce que si le mari a à reprocher à sa femme quelque chose d'horrible, qui cause un grand déshonneur ou un grand dommage au mari ou aux enfants : par exemple, si la femme s'était rendue coupable d'adultère, si elle avait la lèpre ou quelque autre mal contagieux, si elle était de si mauvaises mœurs qu'il fût à craindre qu'elle n'élevât immoralement ses enfants : la

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