‹ Catéchisme politiqueChapitre 47 sur 233 · LA COURTISANE DU LIVRE DES PROVERBES · texte numérisé non relu

LA COURTISANE DU LIVRE DES PROVERBES

lorsque vous dormez, qu'ils vous gardent ; en vous éveillant, entretenez-vous avec eux ;

» Parce que les préceptes sont un flambeau ; les recommandations une lumière ; et la réprimande qui retient dans la discipline est la voie de la vie ;

» Afin qu'ils vous préservent delà femme corrompue et de la langue séduisante de la courtisane.

» Que votre cœur ne s'éprenne point de sa beauté, et que son regard ne vous prenne point dans ses filets. Elle se donne pour peu de chose, mais l'âme de l'homme qu'elle rend captive est d'un prix infini.

» C'est un danger qu'on ne peut éviter que par la fuite : un homme peut-il cacher le feu dans son sein, sans que ses vêtements en soient consumés?

» Ou peut-il marcher sur des charbons ardents sans se brûler la plante des pieds ?

» De même, il ne peut prêter l'oreille à la voix séductrice sans y succomber.

» Mon fils, gardez mes paroles, et recueillez dans votre cœur mes instructions ;

» Observez mes préceptes et vous vivrez ; gardez ma loi comme la prunelle de votre œil ; ayez-la toujours à la main ; ayez-la gravée dans le cœur ; dites à la sagesse : « Vous êtes ma sœur », et appelez la prudence votre amie]; qu'elle seule soit maîtresse de votre cœur, et le défende de la femme étrangère (de la femme qui n'est pas votre épouse), de l'étrangère au langage flatteur. Écoutez, voici un fait dont je fus témoin :

« J'étais à la fenêtre de ma maison, et je regardais par les treillis.

» Et je vis des jeunes gens : Un jeune étourdi attira mes regards.

» Il passait sur la place, au coin de la maison d'une de ces femmes, et se glissait dans le chemin qui y conduit.

» C'était le soir, dans l'obscurité, lorsque commencent les ténèbres de la nuit.

» Kl je vis venir, au-devant de lui, celle femme, parée comme une courtisane, armée de tout ce qui peu! séduire les cœurs : insinuante, vive, impatiente <lu repos et ne pouvant arrêter ses pieds dans sa demeure.

» Tantôt à sa porte, tantôt sur les places, tantôt à l'angle des rues, tendant ses filets, elle saisit ce jeune homme, elle lui donne un baiser, et le caressant de ses regardlascifs, elle lui dit :

» J'ai préparé pour toi un festin magnifique,

» Et je me suis hâtée de venir au-devant de toi ; je soupirais après ta présence : quel bonheur de t'avoir trouvé î Viens !

» Mon lit est mollement suspendu avec des cordons précieux, et couvert des plus riches tapis.

» J'y ai répandu les parfums les plus délicieux.

» Viens, enivrons-nous de plaisir, jusqu'au lever du jour,

» Car mon mari n'est point à la maison : il est parti pour un long voyage,

» Il a pris avec lui une bourse pleine d'or, et il ne reviendra pas avant la pleine lune. »

» Elle l'enlace ainsi dans ses discours, et l'entraîne par ses caresses.

« Il la suit aussitôt comme le taureau qu'on conduit à l'autel, comme l'agneau qui joue en allant à la mort : il s'avance, l'insensé, ignorant qu'on le mène dans les fers ;

» II ne voit pas le trait qui déchirera son cœur, semblable à un oiseau qui vole vers le filet et ne sait pas qu'il y va de la vie...

» Maintenant donc, ô mon fils, écoutez-moi ; prêtez une oreille attentive à mes leçons.

» Que votr^ cœur ne se laisse point entraîner dans les voies de cette femme : ne vous égarez point dans ses sentiers,

» Car elle en a blessé et renversé plusieurs, et elle a tué les plus forts.

- » Sa maison est le chemin du tombeau, elle conduit à la mort... »

D. Jamais je n'ai rencontré une peinture du vice plus vive, plus saisissante et plus salutaire. Trouvez-vous dans la législation hébraïque quelque chose concernant les monstruosités approuvées par Socrate, Gicéron et toute l'antiquité?

R. Si la Bible réprouve certains actes naturels, lorsqu'on les accomplit en dehors du mariage légitime, elle flétrit avec plus d'indignation, de véhémence et de menace, les misérables qui, pour satisfaire leur immonde passion, ne rougissent pas de descendre à des actes contre nature qui ont rendu le nom de Sodome tristement fameux. Moïse, après avoir énuméré ces impuretés abominables, adresse cette prescription aux Israélites : « Vous ne vous souillerez point de ces infamies, dont se sont souillés tous les peuples que je vais chasser devant vous, et dont tout entier ce pays s'est souillé. Je punirai les crimes de cette terre, afin qu'elle vomisse hors de son sein ses habitants. Gardez mes lois et mes ordonnances, et que ni les Israélites ni les étrangers qui voyagent parmi vous, ne commettent aucune de ces abominations. »

LA FEMME ET LE MARIAGE DANS LE CHRISTIANISME; POLYGAMIE ; DIVORCE ; ERREUR DES PROTESTANTS ; DISTINCTION DE LA SÉPARATION ET DU DIVORCE; LA FORNICATION, LA PROSTI- TUTION, CONSÉQUENCES DU PAGANISME, d'ARRÈS SAINT PAUL ; CHASTETÉ CHRÉTIENNE.

D. Exposez-nous maintenant la morale chrétienne sur ce point capital.

R. Les relations de l'homme et de la femme, comme les relations de la créature avec le Créateur, comme les relations de l'homme avec ses semblables, comme toutes les bases sociales, furent transformées par Jésus-Christ dans la loi nouvelle qu'il apporta du ciel sur la terre pour civiliser, perfectionner, sanctifier l'humanité.

Dans la loi nouvelle, dans le christianisme, non seulement le mariage est un contrat indissoluble entre un homme et une femme qui se donnent droit sur le corps l'un de l'autre, et ne forment pour ainsi dire qu'une seule et même chair et s'engagent à vivre ensemble : non seulement ce contrat est regardé comme sacré, parce que c'est Dieu qui l'a institué en créant les deux sexes pour la multiplication du genre humain, qui consiste en deux choses, l'homme étant un animal raisonnable, à mettre au monde des enfants et à les élever, à développer leur âme en même temps que leur corps; mais de plus, le mariage est un sacrement, c'est-à-dire une cérémonie sainte et sacrée qui confère à ceux qui le reçoivent la grâce nécessaire pour se sanctifier dans cet état, c'est-à-dire pour s'aimer d'un amour chrétien, pour vivre paisiblement ensemble jusqu'à la mort, et pour élever leurs enfants chrétiennement.

Cette vérité est un article de foi clairement proclamé par saint Paul. Cet apôtre, dans son épître aux Éphésiens, après avoir exhorté les maris à aimer leurs femmes, comme Jésus-Christ a aimé l'Église, pour laquelle il s'est livré à la mort, ajoute : « C'est pourquoi l'homme abandonnera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et de deux qu'ils étaient, ils deviendont une même chair. Ce sacrement est grand, je dis en Jésus-Christ et en l'Église1 ».

A ce texte de saint Paul, nous n'ajouterons pas les passages des Pères de l'Église où se trouve exprimé le même sentiment : nous ne voulons point faire ici de théologie. Nous nous contentons de mettre sous les yeux du lecteur quelques belles paroles, qui peignent la pureté de la morale chrétienne sur le mariage. « Dans l'Église », dit le grand saint Augustin, « ce n'est pas seulement le lien du mariage qui est respectable, mais encore le sacrement2 ».

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