De fid. et op., ch. vu
« Les païens », dit-il ailleurs, « font consister tout le bien du mariage dans la fécondité, dans la chasteté conjugale et dans la fidélité qui en est comme le lien: les chrétiens le font, de plus, consister dans la sainteté du sacrement, à raison de laquelle il est défendu à une femme d'épouser un autre mari pendant que le sien vit, quoiqu'il Tait répudiée ' ». v
Tertullien fait aussi consister l'excellence du mariage chrétien sur le mariage païen en ce qu'il est un sacrement : « Qui pourrait expliquer le bonheur du mariage que l'Église approuve, que l'oblation du sacrifice confirme, auquel la bénédiction met le sceau, que les Anges proclament au ciel et que Dieu ratifie 2 ».
Le pape Hermès, se plaçant au même point de vue, déclare qu'une femme qui viole de quelque manière que ce soit la bénédiction qu'elle a reçue de la main du prêtre en contractant mariage, commet une espèce de sacrilège.
11 ne s'agit pas ici d'une simple bénédiction : l'homme et la femme que Dieu unit ensemble, dit Origène, reçoivent la grâce'6. « Cette grâce, attachée au mariage chrétien, porte le mari et la femme à s'aimer d'un amour réglé, à fuir tout amour illicite, à vivre en bonne union, à s'entr'aider à faire leur salut, à aimer chrétiennement leurs enfants, à les élever saintement 4 ».
D. Quels sont les enseignements et les prescriptions du christianisme relativement à la polygamie?
R. L'idée si pure, si sublime du mariage chrétien, exclut nécessairement la polygamie ; aussi cette tolérance accordée sous l'ancienne loi aux Juifs pour empêcher de plus grands désordres dans l'état où se trouvait alors l'humanité, cette tolérance a disparu de la loi nouvelle. Le pape Innocent Ior déclare que, selon la foi catholique, un second