Concile de Cologne, en
GO CIIAPITKE 11. CIVILISATION
mariage ne peut être légitime, si la première femme n'est morte1. Il faut bien remarquer que le pontife ne prétend pas faire une loi; il déclare que la loi existe, que c'est un
dogme, que c'est de foi catholique. Les Bulgares, nouvellement convertis du paganisme à la religion chrétienne, dans le ixe siècle, ayant demandé au pape Nicolas Ier de leur indiquer les principaux points du dogme, de la morale et de la discipline catholique, il leur dit, dans le chapitre 51 de sa réponse, que la loi chrétienne, d'accord avec la loi naturelle dans sa pureté primitive, interdit absolument d'avoir plusieurs femmes à la fois.
Le pape Innocent III fait voir que l'abolition de la polygamie est comprise dans celle du divorce faite par Jésus- Christ lui-même. Notre-Seigneur dit en effet2: « Quiconque quitte sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ». S'il est défendu, après avoir répudié sa première femme, d'en épouser une seconde, à plus forte raison est-il défendu d'épouser une seconde femme en retenant la première. Ce savant Pape trouve la même défense d'avoir plusieurs femmes dans un passage de saint Paul qui relève si noblement la dignité des femmes, considérées jusque-là comme de simples instruments de plaisir que l'homme pouvait prendre et rejeter à son gré.
D. Citez-nous le texte de saint Paul sur lequel s'appuie le pape Innocent III.
R. Que chaque homme ait sa femme, que chaque femme ait son mari.
Que le mari rende à sa femme le devoir conjugal, et réciproquement la femme au mari.
Le corps de la femme n'est point en sa puissance, maisen celle du mari ; de même le corps du mari n'est point en sa puissance, mais en celle de la femme.
Ainsi il n'est pas plus permis à un homme d'avoir plusieurs femmes qu'à une femme d'avoir plusieurs maris.
i. Lettre 9.