‹ Catéchisme politiqueChapitre 52 sur 233 · Matth., xix · texte numérisé non relu

Matth., xix

coupable d'adultère, il est permis au mari de la renvoyer et d'en épouser une autre. Mais ils se trompent évidemment sur le sens des paroles de Jésus-Christ. Car, — comme le remarque saint Augustin, — saint Marc et saint Luc qui racontent le même fait et rapportent la même réponse de Jésus-Christ, ne font point mention de cette exception, si ce ri est en cas d'adultère. Ces deux évangélistes font dire à Jésus-Christ d'une manière générale, absolue, sans exception, sans restriction, que celui-là est coupable d'adultère qui, après avoir quitté sa femme, en épouse une autre *.

L'apôtre saint Paul, qui était apparemment un meilleur interprète de la doctrine de Jésus-Christ que Luther et Calvin, dit aussi, en termes généraux, sans faire aucune exception, que la femme est liée par la loi du mariage tant que son mari est vivant, mais que si son mari meurt, elle redevient libre et peut se remarier. Si, pendant la vie de son mari, elle épouse un autre homme, elle commet un adultère. Et tout ce qu'il dit de la femme s'applique au mari, puisque, d'après cet apôtre, il y a égalité de droits et de devoirs conjugaux entre l'homme et la femme ".

Le texte de saint Mathieu est d'ailleurs assez facile à expliquer. Il comprend deux parties : 1° répudier sa femme; 2° en épouser une autre : c'est à la première partie, et non à la seconde, que se rapporte comme exception le cas d'adultère. 11 n'est pas permis de renvoyer sa femme pour quelque cause que ce soit, comme on renseignait chez les Juifs, mais seulement dans le cas d'adultère : et si après l'avoir renvoyée on en épouse une autre, on commet un adultère. Déclarer que l'adultère de la femme puisse dissoudre le lien du mariage, de sorte que les deux époux redeviendront libres et pourront, du vivant l'un de l'autre, chacun de son côté, convoler à de secon-

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