‹ Catéchisme politiqueChapitre 70 sur 233 · I Joan., m · texte numérisé non relu

I Joan., m

88 CHAPITBK 11. — CIVILISATION

Quelle force dans ces expressions: propler mondalum

assume pauperem pone thesaurum iuum in prxceplis

Domini !. D'après ce principe, qui esl le vrai, ce a'esl pas seulement manquer au précepte de la charité, C*es1 commettre une injustice, d'user pour soi seul des biens que Dieu a créés pour l'aire vivre tous les homme- : En ne donnant pas aux pauvres qui meurent de misère ce qu'ils ont en trop, les riches sont des meurtriers, des homicides », dit le pape saint Grégoire le Grand 8. Saint Basile considère les riches, qui ne donnent pas aux pauvres leur superflu, comme les détenteurs du bien des pauvres : « Ce pain que vous mettez en réserve, est à ce pauvre qui meurt de faim; ce vêtement que vous tenez enfermé en votre armoire, est à cet homme nu ; ces souliers qui pourrissent en votre maison, sont au prochain qui est sans chaussures; cet argent que vous enfouissez dans la terre, est à ce pauvre qui est dans l'indigence ». « Donnez », dit saint Jérôme dans sa lettre à Hédibie (question première), « ce que vous avez au delà de ce qui est nécessaire pour votre nourriture et votre habillement ; sachez que vous êtes redevable de cela aux pauvres. Une âme chrétienne sait bien que c'est une espèce de larcin et une fraude qu'on commet à l'égard du prochain, si on ne lui donne pas son superflu quand il est dans le besoin ». Que les riches ne disent point qu'ils sont les maîtres de leurs biens, et ne sont point obligés d'en rien donner aux pauvres. 11 en sont les maîtres, il est vrai, dit saint Augustin, vis-à-vis des autres hommes, qui n'ont point le droit de leur en rien prendre, mais ils n'en sont point les maîtres absolus à l'égard de Dieu, qui en demeure le suprême propriétaire, par un droit inaliénable; ils ne peuvent donc en disposer que selon l'intention de Dieu qui veut qu'ils fassent part de leur superflu aux pauvres.

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