Cicéron, pro Murena
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mettre les prêtres dans les commissions chargées de diriger, de gérer les œuvres de bienfaisance, c'est que le prêtre a une compétence, une aptitude spéciale pour ces lonctions : s'occuper des pauvres, des indigents, les visiter, s'enquérir de leurs besoins, être le confident de leurs misères, les consoler, les secourir, tout cela fait partie de la mission du prêtre. Le prêtre est l'homme qui peut le mieux découvrir les misères les plus grandes et les plus dignes d'intérêt, celles des pauvres honteux, de ceux qui, délicats et fiers par nature, et frappés de malheurs inattendus, cachent leur pauvreté, et dévorent en silence leurs privations et leurs peines : « Ceux-là, qui les cherchera, qui les découvrira ? A qui se feront-ils connaître ? à qui laisseront-ils entendre ces soupirs qu'on pousse en secret? à qui laisseront-ils voir ces larmes, ces profonds désespoirs qu'on dérobe à tous les yeux? à qui, messieurs? à leurs prêtres, à leurs pasteurs, à leurs pères ! »
Ces frappantes raisons, tirées de la nature des choses, ces sentiments évangéliques, cette parole brûlante de la charité, ces grâces exquises du langage, convainquirent, émurent, charmèrent l'Assemblée, dont les bravos entrecoupaient, à chaque phrase, le discours de l'illustre évêque. Cinq voix seulement s'opposèrent, dans le vote, à l'adoption de l'amendement qu'il fît introduire dans la loi sur les établissements de bienfaisance.
D. Cette loi est-elle conforme à l'organisation que vous proposez ci-dessus?
R. Il s'en faut de beaucoup ; mais elle introduit néanmoins d'utiles réformes ' .