‹ Catéchisme politiqueChapitre 95 sur 233 · Anab., ep. 61, num · texte numérisé non relu

Anab., ep. 61, num

peuple qui est obligé d'employer la voie des armes et de verser le sang, pour repousser une injuste agression ou pour revendiquer des droits importants et incontestables, ni le soldat qui tue son ennemi dans la bataille. Mais si une nation, un souverain, entreprennent une guerre par ambition, par vanité, par amour de la gloire, ou si une armée, cupide et féroce, menace de mort ou tue effectivement par le fer ou le feu, des ennemis désarmés, des femmes, des enfants, des vieillards, des citoyens paisibles, pour forcer une ville à se rendre ou à composer, les populations à trahir leurs défenseurs, à favoriser leurs envahisseurs, à fournir à ceux-ci tout l'argent qu'ils requièrent, ou pour se venger de leur légitime résistance, le christianisme met les auteurs de ces actions iniques et inhumaines au rang des brigands et des assassins. Quand l'Église a été impuissante à empêcher complètement ces crimes, elle a du moins usé de toute son influence pour les diminuer ; en attendant qu'elle pût remédier au mal, elle chercha du moins à l'adoucir. Voltaire loue les efforts que déploya la Religion pour s'opposer à la barbare coutume qui s'était établie de s'égorger à tout propos, de recourir à la voie des armes pour tirer vengeance de son ennemi, de sorte qu'il y avait, au moyen âge, des guerres continuelles entre les provinces, entre les bourgs, entre les seigneurs. « Les conciles », dit-il, « qui dans ces temps de crimes ordonnèrent souvent des choses justes, avaient réglé qu'on ne se battrait point depuis le jeudi jusqu'au point du jour du lundi, et dans le temps de Pâques et dans d'autres solennités 1 », c'est-à-dire pendant l'Awnt et jusqu'à l'Octave de l'Epiphanie, et depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques; depuis l'Ascension jusqu'à l'Octave de la Pentecôte; pendant les Quatre-Temps ; la veille des fêtes de la sainte Vierge, de saint Michel, de saint Jean-Baptiste, de tous les apôtres et de tous les saints dont la solennité était annoncée, à l'église, de la Toussaint, de la Dédicace des églises, du patron des paroisses, etc. 1. Essai sur les mœurs, ch. xxxvm.

Page 1