Matth., v
432 CHAPITHE 11. CIVILISATION
« Ne rendez pas le mal pour le mal », ne vous vengez pas, en demandant aux juges de condamner ceux qui vous font du mal, à subir le mal qu'ils vous ont fait. « Il ne faut pas non plus vous défendre vous-même », en repoussant les coups par les coups, quand il n'y va pas de la vie ; Dieu se réserve le soin de vous venger, c'est-à-dire d'infliger à ceux qui vous ont fait du mal, la peine qu'ils ont méritée, pour satisfaire non pas votre sentiment de vengeance, mais l'éternelle justice, qui exige que, dans toute faute, ce que l'infinie miséricorde n'a pas pardonné, remis, soit expié, réparé l ».
Saint Pierre veut que ceux qui sont maltraités suivent l'exemple de Jésus-Christ, « qui, lorsqu'il était maudit, ne maudissait point, lorsqu'il souffrait de mauvais traitements, n'y répondait pas même par des menaces, s'en remettant à la justice de Celui qui juge justement, c'està-dire de Dieu 2 ».
Les canons des apôtres, qui forment une des premières bases du droit canonique, nous rappellent également que l'exemple du Seigneur nous interdit d'injurier ceux qui nous injurient, de frapper ceux qui nous frappent 3. Les apôtres et les premiers chrétiens imitèrent fidèlement Jésus-Christ : « Quand on nous maudit, nous bénissons ; quand on nous persécute, nous souffrons avec patience ; quand on nous injurie, nous prions pour nos ennemis 4 ».
D. Qu'ordonne le christianisme relativement à la défense de nos biens?
R. Jésus Christ n'interdit pas en termes moins exprès d'employer la violence pour la défense de ses biens : « Si quelqu'un vous enlève votre manteau, ne résistez pas pour l'empêcher de prendre aussi votre tunique 5 ».