PREMIÈRE PARTIE
couiplémentaires. Car la mère a pour tous deux une égale prépondérance, non-seulement comme source essentielle de notre existence, même physique, mais surtout d'après sa présidence normale envers Tensemble de notre éducation. A cette commune adoration, votre sexe joint le culte de Fépoux et du fils, d'après les motifs ci-dessus indiqués pour le mien quant à Tépouse et la fille. Ce seul contraste suffit pour correspondre aux besoins respectifs qui demandent un patronage propre à développer spécialement, d'une part l'énergie, de l'autre la tendresse.
La Femme. Malgré l'attrait que m'inspire déjà cette sainte institution, j'y trouve encore, mon père, deux imperfections générales, soit comme n'utilisant pas toutes les relations privées, soit comme n'ayant point assez prévu l'insuffisance trop fréquente des types naturels.
Le Prêtre. Ce double embarras se dissipe, ma fille, en ayant égard aux divers types accessoires qui se rattachent spontanément à chacun de nos trois types principaux, d'après la conformité des sentiments et la similitude des liens. Autour de la mère se groupent naturellement d'abord le père, et quelquefois la sœur,
puis le maître et le protecteur, outre les relations ana-
te
logues qui peuvent se multiplier beaucoup dans la famille et surtout au dehors. En étendant la même apprécialion aux deux autres types, on institue une suite d'adorations, de moins en moins intimes, mais de plus en plus générales, d'où résulte une transition presque
insensible du culte privé au culte public. Ce dévelop-
liO CATÉCHISME. POSITIVISTE.
pement normal permet aussi de comWer, autant que possible, les lacunes exceptionnelles, en remplaçant, au besoin, l'un des types essentiels par son meilleur adjoint On peut ainsi renouveler subjectivement les familles mal composées.
La Femme. D'après cet édaircissem^it complémaitaire, il ne me reste, mon père, qu'à vous demander des explications plus précises sur l'institution générale des prières qui correspondent à ce culte fondamental.
Le Prétrb. 11 exige, ma fille, trois prières quotidiennes : au lever^ à l'approche du sommeil et au milieu des occupations pratiques ou théoriques. La première, plus étendue et plus efficace que les deux autres, fait commencer chaque journée humaine par une digne invocation angélique, seule eapable de nous disposer habituellement au bon emploi de îk>s forces quelconques. Dans la dernière, on exprime la gratitude due à cette protection quotidienne, de manière à prolonger son efficacité pendant le sommeil. Celle du milieu doit nous dégager momentanément des impulsions théoriques et pratiques, pour y faire mieux pénétrer l'influence affective dont elles tendent toujours à nous écarter.
Une telle destination indique aussitôt \^s époques respectives des trois prières positivistes, et même leurs modes d'accomplissement. La première aijra lieu, avant toute occupation, à l'autel domestique institué d'après nos meilleurs souvenirs, et dans l'attitude de la vénération. Mais la dernière doit s'accomplir au lit et se prolonger, autant que possible, jusqu'à l'invasion du
PREMlliKE PARTIE. iil
sommeil, afin de mieux assurer le calme eérébral, quand nous sommes le moins garantis contre les tendances vicieuses. Quoique Fheure de la prière moyenne ne puisse pas4<;re autant déterminée, puisqu'elle doit varier suivant les convenances individuelles, il importe que chacun lui procure, à sa manière, une rigoureuse fixité, qui facilitera les dispositions qu'elle exige.
La durée respective de nos trois prières quotidiennes est pareillement indiquée par leur propre destination. Il convient, en général, que celle du niatin dure deux fois plus, et celle du milieu deux fois moins, que celle du soir. Quand le cuhe intime est pleinement développé, la principale prière absorbe spontanément tonte la première heure de chaque journée. Cela tient surtout à la décomposition de sa phase initiale en deux parties de même durée que sa fiàase finale; en faisant précéder la commémoration commune à tous les jours de la semaine par celle qui devient propre à chacun d'eux. De là résulte la division usuelle de la prière du matin en trois temps égaux, où prévalent respectivement, d'abord les images, puis les signes et enfin les sentiments. Les deux autres prières ne comportent point la même proportion entre la commémoration et Tefiiision. Tandis ^ue celle-ci dure, en tout, deux fois moins que celle-là le matin, le rapport devient inverse le soir, et l'égalité distingue le milieu. Vous expliquerez aisément ces diversités secondaires. Mais je vous invite à remarquer que, d'après Tensemble de ces indications, ia durée totale de notre culte quotidien s'élève seulement à deux heures, même chez ceux qui sont conduits à reproduire
pendfint la iiuil la prière propre au milieu du jour. Chaque positiviste consacrera donc à son intime amélioration journalière moins de temps que n'en absorbent maintenant les lectures vicieuses et les diversions inutiles ou funestes. Là seulement s'accomplit l'essor décisif de la vie subjective, d'après notre identification croissante avec l'être adoré, dont l'image graduellement épurée devient plus vive et plus nette à chaque nouvelle année du cuite. Par ces pratiques secrètes, chacun se prépare à subir dignement l'excitation sympathique qui résultera de la publicité propre à nos autres rites sacrés. Un tel ensemble d'aptitudes morales permettra, j'espère, à nos règles sociola triques de surmonter, chez l'éhte des deux sexes, la présente grossièreté des mœurs occidentales. Les âmes vulgaires et incultes regardent encore comme perdu tout le temps remplit pas le travail matériel. Dans les classes es, on reconnaît déjà la valeur propre à l'exercice ent intellectuel. Mais, depuis la fin du moyen lomme a partout oublié le prix direct et supérieur ulture morale proprement dite. Il rougirait presf consacrer autant de temps que lui en accordait llement le grand Alfred, sans altérer aucunement mirable activité,
rcompléter'cette théorie sp<';ciale des prières quoles, je dois vous y signaler l'inégale participation lements, toujours accessoires, empruntés sagelu trésor esthétique de l'ilumanité. Ils sont natuent plus propres ù seconder l'effusion que la coniralion.Dès lors, leur assistance convientdavantage