PREMIÈRE PARTIE
au soir qu'au matin. Mais elle est surtout destinée à nous dispenser de la spontanéité dont nous sommes ordinairement détournés envers la prière moyenne, où l'effusion finale peut s'accomplir presque entièrement d'après un heureux choix de passages poétiques. Quand le chant et le dessin seront partout devenus aussi familiers que la parole et récriture, cette participation extérieure suffira davantage à nos besoins intérieurs, pendant ces langueurs trop fréquentes de nos meilleures émotions.
La Femme. Ayant assez compris notre culte personnel, je m'efforce, mon père, de pressentir en quoi doit consister le culte domestique proprement dit. Mais je ne puis encore m'en former spontanément une idée satisfaisante. Je vois bien que, comme le culte intime, il peut instituer une adoration assidue envers les types communs à toute la famille. De même, il peut reproduire, pour cette association élémentaire, les invocations collectives que le culte public adresse directement à l'Humanité. Ces deux ordres de pratiques religieuses, sous le sacerdoce spontané du chef de famille, comportent, sans doute, une haute efficacité morale. Néanmoins, cela ne suffit point pour imprimer à notre culte domestique un caractère vraiment distinct, qui ne le confonde avec aucun de ceux dont il doit constituer Imtermédiaire.
Le Préïre. L'institution des sacrements sociaux remplit, ma fille, cette condition nécessaire. C'est par là que le culte domestique se distingue profondément des deux autres, tout en leur procurant une transition na-
lU CATÉCHISME POSITIVISTE.
turelle. Elfe consiste à consacrer toutes les phases successives de Texistence privée en liant chaeune d'elles à la vie p«Mque. Die là résultent nos neuf sacrements sociaux : la présentati&n, Yinitiatien^ Vadmission, la destinatîon,\e mariage, la maturUé^ la retraite^la transforonation, et enfin- Vmcorporatioit, Leur invariable suc-^ cession constitue une suite de préparations d'après lesquelles, pendant ^ensemble de sa vie objective, chaque digne serviteur de l'Humanité tend graduellement vers réternité subjective qui doit finalement l'ériger en organe propre de la Déesse.
La Femme. Quoique les limites normales de ce catéchisme vous interdisent, mon père, une explication vraiment complète de tous nos sacrements, j'espère que vous pouirez ici caractériser assez chacun d'eux.
Le Pr4tre. Par le premier, ma fille, la religion finale consacre systématiquement chaque naissance, comme le firent spontanément toutes les religions préliminaires. La mère et le père du nouveau rejeton de rHumanité viennent le présenter au sacerdoce, qui reçoit leur engagement solennel de le préparer convenablement au service de la Déesse. Cette garantie naturelle se trouve complétée par une double institution, dont le positivisme s'honore d'avoir emprunté le germe au catholicisme, en le développant sous l'inspiration sociale. Un couple artificiel, au choix des parents, mais avec l'approbation du sacerdoce, procure librement au futur serviteur du Grand-Être une nouvelle protection, surtout spirituelle, et au besoin temporelle, à laquelle se joignent tous les témoins spéciaux. 11 reçoit aussi de ses