‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 25 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE. H · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. H

principal, qui seul complète Tensemble des préparations humaines, je connais déjà la doctrine essentielle du positivisme. Surtout je suis profondément touchée de la grande institution du veuvage éternel, depuis longtemps attendue par tous les cœurs vraiment féminins. Outre son importance domestique, et même civique, elle peut seule développer assez la vie subjective pour élever nos âmes jusqu'à la représentation familière du Grand-Être, d'après une digne personnification. Toutes ces précieuses notions m'étaient presque devenues propres avant que je fusse votre catéchumène. Je sais d'ailleurs que vous y reviendrez, sous un autre aspect, en m' expliquant le régime. Nous pouvons donc commencer la dernière série de nos consécrations.

Le Prêtre. Toutefois, ma fille, il faut d'abord fixer l'âge normal du principal sacrement social. Puisque le mariage doit suivre, et non précéder, la destination spéciale, l'homme n'y peut être admis religieusement avant d'avoir accompli sa vingt-huitième année. Le sacerdoce conseillera même au gouvernement d'étendre jusqu'à trente ans le veto légal du chef de famille, afin de mieux prévenir toute précipitation envers le plus important de tous nos actes privés. Quant aux femmes, le sacrement de la destination coïncide nécessairement avec celui de l'admission, d'après l'heureuse uniformité de leur vocation toujours connue. Elles sont donc aptes au mariage dès l'âge de vingt et un ans, ce qui d'ailleurs garantit mieux l'harmonie conjugale. Ces limites inférieures ne peuvent s'abaisser, chez l'un et l'autre

sexe, que pour des motifs très -exceptionnels, mûrement appréciés par le sacerdoce, sous sa responsabilité morale. Mais il ne faut fixer, en général, aucunes limites supérieures, quoique les femmes doivent presque toujours se marier avant vingt-huit ans et les hommes avant trente-cinq, quand la vîe conjugale sera dignement instituée.

La Femîib. Le premier des sacrements qui suivent le mariage me semble, mon père, suffisamment expliqué par sa seule définition. Vous m'aviez déjà fait remarquer la coïncidence ordinaire du plein développement organique de l'homme avec son entière préparation sociale, vers l'âge de quarante-deux ans. Je ne pense ici qu'à votre sexe, puisque le sacrement de la maturité lui appartient exclusivement. La vocation féminine est à la fois trop uniforme et trop fixe pour comporter aucune des*deux consécrations entre lesquelles se trouve cona* pris le mariage.

Le Prêtre. Quoique vous ayez, ma fille, saisi spontanément la vraie nature de notre sixième sacrement, vous ne pourriez assez apprécier ainsi sa propre importance. Pendant les vingt et une années qui le séparent du septième, l'homme développe sa seconde vie objective, seule décisive envers son immortalité subjective. Jusque-là, notre existence, essentiellement préparatoire, avait naturellement suscité des déviations quelquefois graves, mais toujours réparables. Dès lors, au contraire, nos nouvelles fautes ne comportent presque jamais une suffisante compensation, soit extérieure, ou même intérieure. Il importe donc d'imposer solennel-

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