‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 39 sur 127 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

auirement) le dehors. ne pourrait jamais régler le dedans.

Diaprés œ double priacipe statique, nos eonceptions qudoonquôs résultent nécessairement d'un commeree ooalinu entre le monde qui en fournit la matière et rbomme qui en détermine la forme. Elles sont profondément relatives, à la fois au sujet et à l'objet, dont les Tariations respectives Les modifient nécessaireiiaent. Notre principal mérite théori<|ue consiste à perfectionner assez cette subordination naturelle de l'homme au monde, pour que notre cerveau devienne le fidèle miroir de Tordre extérieur, dont les résultats futurs peuvent dès lors être prévus d'après nos opérations intérieures. Mais cette représentation ne comporte ni n'exige une exactitude absolue. Son degré d'approximation se trouve réglé par nos besoinsi pratiques, qui mesurent la précision convenable ànosprévisiqpsthéoriques. Cette limite nécessaire laisse ordinairement à uotre intelligence une certaine liberté spéculative, dont elle doit user pour mieux satislaire ses propres inclinations, soit scientifiques, soit même esthétiques, en rendant nos conceptions plus régulières, et même plus belles, sans être moins vraies. Tel est, mentalement, le positivisme, qui, poursuivant toujours l'étude des lois, chemine sans cesse entre deux voies également dangereuses , le mysticisme qui veut pénétrer jiusqu'aux causes, et Tempirisme qui se borne aux faits.

La Femme. Cette théorie statique de notre intelligence me semble laisser, mon père, une grave lacune, en ce qu'elle paraît concerner seulement l'état de, rai-

son proprement dit, sans pouvoir s'étendre jusqu'à la folie» qu'elle devrait pourtant expliquer aussi. La vie réelle offre journellement tant de nuances intermédiaires entre ces deux situations mentales que tous ces cas doivent suivre les mêmes lois essentielles, avec de simples différences de degré, comme envers nos fonctions corporelles.

Le Prâtre. U vous suffira, ma fille, de considérer plus attentivement la doctrine précédente pour reconnaître qu'elle contient, en effet, la vraie théorie de la folie et de ridiotisme. Ces deux états opposés constituent les deux extrêmes de la proportion normale que l'état de raison exige entre les impulsions objectives et les inspirations subjectives. L'idiotisme consiste dans l'excès d'objectivité, quand notre cerveau devient trop passif; et la folie proprement dite dans Texcès de subjectivité, d'après l'activité démesurée de cet appareil. Mais le degré moyen, qui constitue la raison, suit lui-même les variations régulières qu'éprouve toute l'existence humaine, tant sociale que personnelle. L'appréciation de la folie devient ainsi d'autant plus délicate qu'il y faut avoir égard aux temps et aux lieux, en général aux situations, comme le fait si bien sentir l'admirable composition du ^rand Cervantes. C'est le cas oii l'on saisit le mieux combien l'étude statique de l'intelligence demeure insuffisante sans son complément dynamique.

La Femme. D'après cette réflexion frappante, je voudrais, mon père, si vous le jugez convenable, commencer déjà cette appréciation complémentaire, qui peut seule permettre à mes oropres méditations de

Page 1