‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 40 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

concevoir enpn Tensemble de ce grand spectacle. Les variations quelconques des opinions humaines ne sauraient jamais devenir purement arbitraires, quoique je ne puisse démêler aucunement leur marche générale.

Le Pkétre. Elle consiste, ma fiiie, dans le passage nécessaire de toute conception théorique par trois états successifs : le premier, théologique, ou fictif; le second, métaphysique, ou abstrait; le troisième, positif, ou réel. Le premier est toujours provisoire, le second purement transitoire, et le troisième seul définitif. Ce dernier diffère surtout des deux autres par sa substitution 'caractéristique du relatif à l'absolu, quand Tétude des lois remplace enfin la recherche des causes. Entre les deux premiers, il n'existe, au fond, d'autre différence théorique que la réduction des divinités primitives à de simples entités. Mais une telle transformation enlevant aux fictions surnaturelles toute forte consistance, surtout sociale, et môme mentale, la métaphysique reste toujours un pur dissolvant de la théologie, sans pouvoir jamais organiser son propre domaine. Aussi cette doctrine de révolte et de modification ne comporte-t-elle, dans notre évolution originale, individuelle ou colléetive, aucune autre efficacité que de permettre la transition graduelle du théologisme au positivisme. Elle s adapte d'autant mieux à cet office passager que ses ^conceptions équivoques peuvent alternativement devenir, ou des représentations abstraites des agents sur- Jiaturels, ou des qualifications générales des phénomènes correspondants, suivant qu'on est plus près de

J'état fictif ou de Tétat réel.

loi CATÉCHISME POSITIVISTE.

La Fëimme. Quoique cette loi dynamigue se .tFouve assez confirmée déjà par ma propre expérience, je dé-sire, mon père, saisir, autaat que possible, le principe intellectuel d'une telle évolution.

Ls Prêtre. Il résulte, ma fille, de la loi statique qui nous force à tirer de nous-mêmes les liens subjectifs de nos impressions objectives, lesquelles, sans cela, resteraient toujours incohérentes. Les vraies relations ne pouvant jamais être aperçues que d'après une anal]j^e difficile et graduelle, que je vais vous expliquer, nos premières hypothèses furent purement spontanées, et dès lors fictives. Mais, cette disposition générale, qui constituerait maintenant un excès de subjectivité, se trouvait d'abord conforme a notre situation mentale, oii révolution ne pouvait surgir que d'une telle initiative. Une longue épreuve, encore insuffisante aujourd'hui pour les esprits arriérés, devait seule nous dévoiler l'inanité nécessaire de la recherche des causes. Or, ce vain problème nous présenta longtemps un attrait invindble, à k fois théoriqi^ et pratique, en nous promettant de procéder toujours par déduction sans exiger aucune induclion spéciale, et de modifier le monde à notre gré. Ainsi, le double motif qui poussa les penseurs primitifs coïneifie essentiellement, avec celui qui dirigera toujours mos'efforts intellectuels. Il en est de môme, au fond, pour le principe logique de ce régime initial. Car, toute laisaine logique est réductible à cette veille règle : former toujours la plus simple hypothèse compatible avec l'ensemble des renseignenEients obtenus* Or, les penseurs théologistes, et même fétichistes, l'appliqué-

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