DEUXIÈME PARTIE. i
n'observe l'inverse ; ce qui suffit pour dissipter pleinement Tobjection tirée de cette diversité simultanée.
L'ordre naturel que je viens €e vous indiquer entre nos différentes conceptions, et d*où je vais tirer la véritable écbelle encyclopédique, permet seul de comprendre assez leur marcbe générale. Il fonde la logique positive, en dévoilant suivant quel enchaînement nos diverses études théoriques doivent se succéder pour aboutir à des constructions durables. Quoique chaque classe de phénomènes ait toujours ses lois propres, qui supposent des inductions spéciales, celles-ci ne sauraient presque jamais devenir efficaces sans les déductions fournies par la connaissance préalable des lois plus simples. Cette subordination subjective résulte de la dépendance objective des phénomènes moins généraux envers tous ceux qui le sont davantage. Ainsi l'ordre continu de nos études, s'élevant toujours du monde à l'homme, n'est pas seulement motivé d'après la préparation logique que comportent mieux les spéculations plus simples ; il repose aussi sur la dépendance scientifique des théories supérieures envers les inférieures, d'après la subordination des phénomènes respectifs.
La Femme. Vous m'avez, mon père, assez expliqué maintenant les lois intellectuelles, tant dynamiques que statiques; mais je n'en vois pas encore émaner la construction fondamentale que j'en attendais d'abord envers Tensemble du dogme positif. J'ai donc besoin de comprendre directement comment Iv, principe universel de l'Humanité peut enfin instituer, d'après ces lois,
une véritable unité spéculative, en liant les lois morales aux lois physiques.
Le Prêtre. Ce juste 4irœu sera satisfait, ma fille, en considérant sous un nouvel aspect général la loi complémentaire que je viens d'assigner au mouvement intellectuel. Ainsi conçue, elle est surtout subjective, comme devait Tétre celle qu'elle assiste. Mais vous savez aussi que ce classement comporte directement une signification objective, en réglant la dépendance générale des divers phénomènes. Dans cette nouvelle appréciation, sa destination devient surtout statique, pour caractériser, non la coexistence de nos différents progrès théoriques, mais l'ordre fondamentalqui domine Tensemble des événements quelconques. La loi de classement se trouve pleinement distincte alors de la loi de filiation, quoique leur intime connexité explique assez la simultanéité de leur découverte.
Avant de vous exposer cette grande hiérarchie théorique, je dois assez circonscrire son champ général; Cela résulte, au fond, de la vraie distinction philosophique entre la spéculation et l'action. Tandis que la pratique reste nécessairement spéciale, la véritable théorie est toujours générale. Mais sa généralité caractéristique ne s'acquiert.jamais qu*à l'aide d'une abstraction préalable, qui altàr^e plus ou moins la ^réalité de ses conceptions. Quels que soient les dangers pratiques d'une telle altération, il .faut «'y résigner pour obtenir la cohérence que peut seule procurer une entière universalité des lois théoriques. La sagesse vulgaire proclame justement que toute rè^le comporte des excep-