‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 61 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tences. Vous n'observez, en astronomie, que la simple existence mathématique, qui, jusqu'alors presque idéale, s'y réalise envers des corps que nous ne pouvons explorer sous aucun autre aspect, et qui dès lors en deviennent le meilleur type. Mais, en physique, on s'élève à des phénomènes moins grossiers et plus intimes, qui tendent davantage vers le cas humain. Enfm, la chimie vous oifre la plus noble et la plus profonde des existences matérielles, toujours subordonnée aux précédentes, sui* vant notre loi universelle. Quoique la grande notion objective résultée d'une telle progression ne doive se développer assez qu'en biologie, il importe d'en remarquer l'ébauche cosmologique, pour faire Tîonvenablement saisir le vrai principe du classement des êtres quelconques.

La Femme. Cette admirable continuité me dispose, mon père, à mieux juger les bruyants conflits qui surgissent quelquefois entre les divers départements scientifiques. La prédilection naturelle de mon sexe pour les explications morales m'entraînait h regarder ces débats théoriques comme essentiellement dus aux passions humaines. J'y vois maintenant une source plus légitime dans l'incertitude profonde que, faute de principes encyclopédiques, les diiférentes classes de savants durent souvent éprouver sur leurs attributions normales, d'après cette succession presque insensible entre leurs domaines respectifs.

Le Prêtre. Une telle continuité constitue, ma fille, le principal résultat philosophique de l'ensemble des efforts propres à la raison moderne. Car, le vrai génie

théorique consiste surtout à lier, autant que possible, tous les phénomènes et tous les êtres. Le génie pratique complète ensuite ce résultat général; puisque nos perfectionnements artificiels aboutissent toujours à consolider et développer les liaisons naturelles. Vous devez ainsi commencer à sentir que Tesprit moderne n*est pas purement critique, comme on l'en accuse, et qu'il substitue des constructions durables aux impuissants débris du dogme ancien. En même temps, vous pouvez ici reconnaître déjà l'incompatibilité nécessaire des deux régimes théologique et positif, d'après rimpossibilité de concilier les lois réelles avec les volontés surnaturelles. Que deviendrait cet ordre admirable, qui rattache graduellement nos plus nobles attributs moraux aux moindres phénomènes matériels, s'il y fallait interposer une puissance infinie dont les caprices, ne comportant aucune prévision, le menaceraient toujours d'une entière subversion?

La Femme. Avant de saisir directement celte continuité générale, il me reste, mon père, à combler une grande lacune envers l'ordre vital, dont vous devez maintenant m'expliquer l'appréciation systématique. J'ai déjà compris, pendant notre descente encyclopédique, sa liaison naturelle avec Tordre humain. Mais je ne puis encore saisir comment il se rattache spontanément à l'ordre matériel : car un abîme infranchissable me semble séparer le domaine de la vie et celui de la mort.

Le PftÉTRE. Votre embarras, ma fille, est pleinement conforme à la marche historique de l'initiation hu-

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