‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 62 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

maine. Deux générations se. sont à peine écoulées depuis que les vrais penseurs ont pu commencer à concevoir nettement ce lien fondamental, où réside le nœud essentiel de toute la philosophie naturelle. Les cosmologistes devaient, d'abord, par Tavénement de la chimie, pousser Tétude de Tordre matériel jusqu'à ses phénomènes les plus lîobles et les plus compliqués. Mais il fallait ensuite que les biologistes descendissent convenablement aux fonctions vitales les plus grossières et les plus simples, seules susceptibles de se rattacher directement à cette base inorganique. Tel fut le principal résultat de Tadmirable conception due au vrai fondateur de la philosophie biologique, Tincomparable Bichat. D'après une profonde analyse, les plus nobles fonctions vitales y furent enfin représentées, même chez Fhomme, comme reposant toujours sur les plus grossières, suivant la loi générale de Tordre réel. L'animalité se subordonne partout à la végétalité, ou la vie de relation à la vie de nutrition.

Ce lumineux principe conduit à reconnaître que les seuls phénomènes vraiment communs à tous les êtres vivants consistent dans cette décomposition et recomposition que leur substance éprouve sans cesse d'après le milieu correspondant. L'ensemble des fonctions vitales repose ainsi sur des actes fort analogues aux effets chimiques, dont ils ne diffèrent essentiellement que par l'instabilité des combinaisons,, d'ailleurs plus complexes. Cette vie simple et fondamentale se manifeste seule chez les végétaux, où nous en trouvons le plus intense développement, puisqu'elle y transforme direc-

tement les matériaux inorganiques en substances organiques; ce que ne font janiais des êtres plus élevés. La définition générale de raniraalité consiste, en effet, dans la nature vivante des aliments correspondants : d'où résultent, comme conditions nécessaires, Taptitude aies discerner et la faculté de les saisir; par consé* quent la sensibilité et la contractilité.

Pour consolider son analyse fondamentale de la vie, le grand Bichat dut bientôt construire une conception anatomique qui pût en fournir le complément et le résumé. Le tissu cellulaire, seul universel, constitue le siège propre de la vie végétative ; tandis que la vie animalo réside dans le tissu nerveux et le tissu musculaire. Alors la pensée générale de la biologie se trouve complète, de manière à rendre partout possible une suffisante harmonie entre l'appréciation statique et l'appréciation dynamique, pour passer convenablement de la fonction à Torgane ou réciproquement.

Suivant le principe logique qui prescrit d*étudier surtout des phénomènes quelconques chez les êtres où ils sont à la fois le plus développés et le mieux dégagés de toute complication supérieure, la théorie des végétaux devient la base normale de la biologie. Elle établit directement les lois générales de la nutrition d'après le cas le plus simple et le plus intense. C'est la seule partie de la biologie qui put être pleinement séparée de la sociologie , si l'institution subjective ne devait pas toujours dominer la culture objective. Là s'opère immédiatement la transition naturelle entre l'existence matérielle et l'existence vitale.

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