‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 69 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE. îOft · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. îOft

Là Femme. Cet éclaircissement préliminaire me permettra, mon père, de repousser désormais des sophismes trop accrédités encore parmi les esprits mal cultivés. Je vous prie donc de m'expliquer directement l'extension décisive du dogme positif au monde social.

Le Prêtre. Vous devez, ma fille, concevoir d'abord cette grande science comme composée de deux parties essentielles : Tune statique, qui construit la théorie de Tordre ; Tautre dynamique, qui développe la doctrine du progrès. L'instruction religieuse considère surtout la première, oii la nature fondamentale du vrai Grand- Être est directement appréciée. Mais la seconde doit compléter cette détermination, en expliquant les desti* nées successives de l'Humanité, afin de guider convenablement la pratique sociale. Ces deux moitiés de la sociologie sont profondément liées entre elles d'après un principe général que le positivisme établit pour rattacher partout l'étude du mouvement à celle de l'existence : Le progrès est le développement de Vordre. Déjà convenable en mathématique, une telle loi s'applique* d'autant mieux que les phénomènes se compliquent davantage. Car, la distinction entre l'état statique et l'état dynamique devient alors plus prononcée; tandis que la simplification résultée de cette liaison d'études acquiert aussi plus de prix. La sociologie devait donc offrir la meilleure application de ce grand principe, et la vraie source de sa systématisation. Il y convient même autant en sens inverse qu'en sens direct. Car, les états successifs de l'Humanité doivent ainsi manifester de plus

en plus sa constitution fondamentale, dont tous les

«iO CATÉCHISME POSITIVISTE.

germes essentiels sant nécessairement contenus dans son ébauche initiale. Mais refSoâcité théorique et pra-^ tique de la sociologie dynamique se trouvera spéciale-^ ment caractérisée par l'entretien qui terminera ce catéchisme. Je dois donc me borner maintenant à vous expliquer les principales notions de la statique sociale.

La Femme. Une telle réduction convient d'ailleurs, mon père, à Tinsuffisance de mon instruction histo«< rique. Quoique les conceptions stëftiques de la sociologie doivent être plus abstraites que ses vues dynamiques, je pourrai les mieux saisir^ avec l'attention qu'exigent leur importance et leur difficulté. Là, du moins, je me sentirai soutenue contre mon ignorance par la certitude de retrouver en moi-même la confirmation d'une doctrine directement émanée de notre nature.

Le Prêtre. Il vous suffît, en effet, ma fille, de vous examiner attentivement pour reconnaître aussitôt la constitution nécessaire de l'ordre social. Car, afin de représenter l'existence générale de l'Humanité, elle doit olfrir une combinaison décisive de tous nos attributs essentiels. Quoique votre propre existence vous les montre confusément, elle vous les fait assez sentir pour que vous puissiez mieux saisir leur harmonie fondamentale , quand des organes collectifs permettent à chacun d'eux un essor pleinement caractéristique.

Concevez donc le Grand-Être comme étant, de la même manière que vous, mais à un degré plus prononcé, dirigé par le sentiment, éclairé par l'intelligence, et.soutenu par l'activité. De là résultent les trois été-

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