‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 89 sur 127 · TROISIÈME PARTIE. iU · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. iU

Aussi leur intervention reste-t-elle aveugle ot souvent perturbatrice, quand ils ne la subordonnent point aux conseils théoriques. En même tennps, rinfluence sacerdotale leur devient indispensable, comme seule capable de consacrer assez leur ascendant matériel, exposé presque toujours à d'envieuses contestations. Chaque consécration consiste à représenter le pouvoir corres** pondant comme le ministre d'une puissance supérieure généralement respectée ; Dieu sous le régime provi-^ soire, THumanité dans Tordre définitif. Or, cela suppose toujours, mais surtout envers cet état final, que le présent se rattache dignement au passé et à l'avenir. Le sacerdoce, qui peut seul instituer cette double liai^ son, devient ainsi le consécrateur nécessaire de tous les pouvoirs humains, sans avoir lui-même besoin d'aucune consécration étrangère, puisqu'il est l'organe direct de la suprême autorité.

Voilà d'où procède ce second axiome : Aucuiw so^ ciété ne peut se conserver et se développer sans un sacerdoce quelconque. Pareillement indispensable à tous pour l'éducation et le conseil, ce pouvoir théorique est seul capable de consacrer les gouvernants et de proté*ger les gouvernés. Il constitue le modérateur normal de la vie publique, comme la femme celui de la vie privée; quoique ces deux existences exigent d'ailleurs le concours continu de l^infiuence morale avec la puis* sanee intellectuelle. Vous pouvez résumer Tensemble des attributions sociales du sacerdoce en le qualifiant ielugCy suivant l'expression biblique. Car, son triple office de conseiller, conséerateur, et régulateur s'ac-

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complit toujours en jugeânl, c'est-à-dire d'après une appréciation respectée.

La. Femme. Le catholicisme m'avait heureusement préparée, mon père, à bien concevoir ce principe fondamental, malgré le crédit obtenu par les sophismes protestants et déistes, dirigés, avec un aveugle acharnement, contre la principale construction du moyen âge. Mais je ne comprends pas suffisamment pourquoi le positivisme, en consolidant et développant cette grande ébauche, conserve des expressions qui semblent d'abord ne se rapporter qu'à son origine théologique, quoiqu'elles admettent un sens purement naturel. Outre le juste respect qui dut inspirer cette nomenclature historique, je présume qu'elle repose aussi sur des motifs dogmatiques, quoique je ne les démêle pas.

Le Prêtre; Ils résultent surtout, ma fille, du défaut d'homogénéité que présentent ces deux expressions, dont le contraste rappelle ainsi les deux principaux caractères de la grande division sociale, au lieu de n'en indiquer qu'un seul. En qualifiant de spirituel le pouvoir théorique, on fait assez sentir que l'autre est purement matériel. Par là se trouve indirectement signalée leur meilleure comparaison sociale» consistant à les regarder comme disciplinant l'un les volontés et l'autre lés actes. Réciproquement, qualifier de temporel le pouvoir pratique, c'est rappeler suffisamment l'éternité qui caractérise le pouvoir théorique. Dès lors, on définit assez leurs domaines respectifs ; d'une part le présent, de l'autre le passé et l'avenir : l'un institue spécialement la solidarité, l'autre la continuité ; à l'un

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