TROISIÈME PARTIE
que tous les autres efforts propres au monothéisme du moyen ège, tant oriental qu'occidental, pour notre perfectionnement essentiel. Seulement , elle a besoin , comme eux, d'être systématisée par le positivisme, qui saura la consolider et la développer, sans compromettre notre essor industriel. Dès aujourd'hui, cette salutaire abstinence, déjà si commune chez votre sexe, du moins au Midi, peut graduellement s'étendre à tous les organes avancés du progrès humain. A mesure que le positivisme prévaudra, les femmes et les prêtres renonceront librement, dans tout l'Occident, sauf les cas exceptionnels, à cette excitation habituelle, d'autant plus funeste qu'elle conduit souventàbeaucoup d'autres abus.
La Femme. Je conçois, mon père, pourquoi vous avez tant insisté sur la discipline positive de l'instinct nutritif. Car, outre sa prépondérance directe et ses réactions indirectes, elle constitue ici le type suffisant de toutes les autres répressions normales envers les appétits personnels. L'ensemble de ces règles systématise, chez les deux sexes, la vraie pureté, première base d'une inébranlable moralité. En effet, cette précieuse expression ne doit pas se borner aux deux organes contigus qui déterminent la conservation de l'espèce et de l'individu. Nous devons aussi l'étendre à l'ensemble des sept instincts personnels, que nous avons toujours h purifier sulfisamment, d'après leur subordination normale au service continu de l'Humanité.
Le Prêtre. Ce grand principe, ma fille, ne cessera jamais de surmonter à cet égard tous les doutes sincères, et même de résoudre les plus captieux sophis-
mes. Le cœur du vrai positivisme doit, au dedans, repousser toujours les voloûlés arbitraires, comme son esprit les dissipe au dehors. Notre humble déesse est, en effet, exemple des divers caprices propres à son tout-puissant précurseur. Ses actes quelconques suivent des lois appréciables, que nous révèle de plus en plus rétude positive de sa nature et de sa destinée. En nous y subordonnant autant que possible, nous ferons sans cesse des progrès inépuisables vers la paix, le bonheur et la dignité.
La Femme. L'ensemble de ces indications me paraît, mon père, assez caractériser la constitution positive du régime personnel. D'après le tableau cérébral, on pourrait accomplir, envers chacun des instincts égoïstes, une étude morale équivalente à celle dont le principal d'entre eux vient d*èlre l'objet, afin de déterminer les répressions convenables. Quant aux moyens de développer les diverses inclinations sympathiques, noire culte indique déjà ceux qui ne résultent pas de l'exercice direct. Toutes ces explications spéciales excéderaient les limites de Texposition actuelle, et la détourneraient même de sa principale destination. Quand la foi positive aura prévalu, le temps viendra de composer un nouveau catéchisme, plus analogue à ceux des catholiques, pour détailler ces différentes règles pratiques, dont les bases générales seront déjà familières aux vrais croyants. Mais ce catéchisme initial est, au contraire, destiné surtout à poser ces fondements essentiels, en ne considérant les applications que comme indispensables à rétablissement des principes. Je vous