‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 120 sur 136 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

espérer que la religion positive déterminera les hommes à vider leurs plus violents débats sans aucune guerre proprement dite, même civile. Là restriction normale des républiques partielles doit beaucoup faciliter cette transformation finale, en augmentant à la fois la puissance du patrlciat et Tindépendance du prolétariat. ;

La Femme. Quelque précieuse que soit une telle conversion des luttes matérielles, elle me semble, mon père, plus avantageuse aux supérieurs qu'aux inférieurs. En renonçant à tout usage habituel de la force proprement dite, pour se borner à des conflits pécuniaires, les travailleurs me paraissent faire un grand acte de générosité sociale, d'ailleurs pleinement motivé. Mais je crains qu'en laissant ainsi transporter les débats sur le domaine propre aux entrepreneurs, ils ne deviennent souvent victimes de Tégoïsme des riches, même quand ils auront obtenu partout la juste autorisation de se coaliser à leur gré sans aucune violence. Car, quelque puissance civique que les plébéiens puissent tirer de leurs dignes refus collectifs de coopération industrielle, les immenses capitaux de nos patriciens permettront peut-être à ceux-ci de surmonter finalement les plus justes résistances. Quoique le sacerdoce doive procurer beaucoup de force aux coalitions ouvrières quand il les aura sanctionnées, je redoute encore l'abusive prépondérance de la richesse. ;

Le Prêtre, Afin de vous rassurer, ma fille, considérez d'abord l'influence habituelle du sacerdoce sur le patriciatd'aprèsd'intimes relations personnelles. Suivant notre aperçu statistique, le nombre normal des barils.

quiers est égal, en Occident, à celui des temples positivistes, doQt chacun se trouvera aaturellemeot placé sous le protectorat temporel du banquier adjacent, chargé, par le triumvirat national, de transmettre tous les payements sacerdotaux. Il s'ensuivra de fréquents rapports entre les prêtres et les principaux chefs industriels ; de manière à ranimer spécialement chez ceux-ci la vénération résultée de leur propre éducation et prolongée par celle de leurs enfants.

La Femme. Permettez, mon père, que je vous interrompe un moment, quant à cette dernière influence. Notre instruction encyclopédique ne devant jamais devenir obligatoire, les riches seront peut-être détournés, par un sot orgueilfd'y laisser participer leurs fils,et surtout leurs flUes, sauf à renoncer aux sacrements qui la suivront,^ et même aux recommandations sociales qu'elle procu* rera. Dès lors, Tinfluence personnelle que vous signa* lez se trouverait essentiellement réduite à la déférence involontaire qu'obtiennent partout le talent et la vertu.

Le Prêtre. Cette objection incidente est plus forte, ma fille, que vous ne le croyez ; et néanmoins je Técarterai sans peine. En effet, il ne faudra point avoir suivi nos écoles positivistes pour être admis à recevoir nos sacrements sociaux, et même à subir nos examens publics, où Ton ne s'informera jamais de qui provient Tinstruction, pourvu qu'elle soit réelle et suffisante. Seulement, quand elle n'émanera pas du sacerdoce, nos prêtres auront besoin de plus d'efforts afin de recueillir les informations morales qui seront toujours autant indispensables que les jugements intellectuels.

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