DEUXIÈME PARTIE
deviendrait illusoire, consiste dans le prolétariat, qui constitue le fond nécessaire de toute population. Ne pouvant acquérir l'influence sociale que par Funion, il tend directement à développer nos meilleurs instincts . Sa propre situation attire sans cesse son attention principale vers les règles morales d*une économie dont il supporte spécialement les perturbations. Naturellement dégagé de la grave responsabilité et des préoccupations d'esprit qu'entraîne habituellement une autorité quelconque, théorique ou pratique, il devient très propre à rappeler spontanément le sacerdoce et le patriciat à leur desti^ nation sociale.
La Femme. Je crois, mon père, que celte réaction con-* tinue de la classe active n'est pas moins indispensable pour contenir ou compenser, chez les femmes, l'exagération du sentiment. Étranger à la vie pratique, mon sexe se trouve exposé souvent à méconnaître ou négliger les grossières conditions qu'elle impose. Mais le sentiment qui le domine peut toujours les lui faire accepter dignement, afm de réaliser le bien auquel il aspire naturellement ; quand cette impulsion nécessaire nous conduit à les apprécier assez.
Le Prêtre. Vous avez ainsi, ma fille, achevé spontanément de comprendre le grand office social qui caractérise le prolétariat. Car, si l'influence afTective peut elle* même oublier sa vraie destination en se préoccupant trop des besoins qui lui sont propres, ce danger doit se développer davantage chez la puissance spéculative et le pouvoir actif, dont l'attenlion est habituellement absorbée par des efforts spéciaux. La providence morale
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des femmes, la providence inlellecluelle du sacerdoce, et la providence matérielle du patriciat, ont donc besoin d'être complétées par la providence générale émanée du prolétariat, pour constituer l'admirable ensemble de la providence humaine. Toutes nos forces peuvent ainsi tendre toujours, chacune selon sa nature, a la conservation et au perfectionnement du Grand-Être.
Cette conception générale de notre constitution sociale suffit pour en caractériser les trois éléments nécessaires. Rangés suivant leur aptitude décroissante à représenter naturellement THumanité, ils suivent le même ordre dans leur prépondérance successive envers chaque initiation complète. La providence féminine, qui doit toujours dominer notre essor moral, nous dispose d'abord à sentir la continuité et la solidarité, en dirigeant réducation spontanée qui s'accomplit au sein de la famille. Ensuite la providence sacerdotale nous fait systématiquement apprécier la nature et la destinée du Grand-Étre, en nous révélant graduellement l'ensemble de l'ordre réel. Nous tombons enfin sous la prépondérance directe et perpétuelle de la providence matérielle, qui nous initie à la vie pratique, dont les réactions affectives et spéculatives complètent notre préparation.
Une coïncidence spontanée entre la plénitude de notre développement personnel, tant cérébral que corporel, et l'achèvement ordinaire de notre initiation sociale constitue ainsi notre maturité réelle. Alors commence notre seconde vie, essentiellement d'action, succédant à l'ensemble des préparations qui nous rendent propres à bien servir le Grand-Étre. Cette nouvelle