‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 79 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

existence objective, quoique ordioairement plus courte que la première, est seule décisive pour procurer à chaque chef de famille l'existeoce subjective qui Tincorporera convenablement à THumanité.

Afin de mieux comprendre la constitution sociale, il faut apprécier séparément ses deux éléments les plus spéciaux, formant seuls des classes proprement dites, le sacerdoce qui conseille et le patriciat qui commande. Là se conservent et s'accroissent respectivement les trésors spirituels et les trésors matériels de THumanité, pour être convenablement distribués, suivant leurs lois naturelles, à tous ses serviteurs.

De la classe théorique émane d*abord Téducation systématique, et ensuite Tinfluence consultative sur toute la vie réelle, afin d'y ramener chaque activité partielle à Tharmonie générale, qu'elle nous dispose a méconnaître. L'admirable institution du langage humain, quoique toujours résultée d'une coopération universelle, devient le patrimoine spécial du sacerdoce, comme dépôt spontané de la religion, et principal instrument de son exercice. Naturellement impérissables, les biens spirituels peuvent simultanément servir à tous sans s'épuiser jamais ; en sorte que leur conservation n'exige aucune répartition, et constitue une simple annexe de chaque existence sacerdotale. Éminemment synthétique et social, le langage consolide et développe la subordination naturelle de l'ordre humain à l'ordre extérieur. Il augmente aussi notre liaison mutuelle, surtout en instituant une intime connexité entre la sagesse systématique et la raison commune.

La destinatioQ personnelle et rinstabilitc ualurelle des produits matériels imposent de tout autres lois à leur conservation et à leur usage. Outre la sollicitude collective du patriciat, assistée par une surveillance universelle, ils exigent une possession individuelle, sans laquelle leur concentration normale deviendrait illusoire, ou plutôt impossible. Cette appropriation personnelle, première base de la providence matérielle, ne peut acquérir assez de consistance qu'en s'appuyant sur le sol, siège naturel et source nécessaire de toute production pratique. Ainsi se forment spontanément, à travers les siècles, les réservoirs nutritifs de THumanité, qui doivent partout ranimer sans cesse Texistence matérielle, tandis que leurs gardiens dirigent les travaux qu'exige leur renouvellement continu.

Ce principal office des patriciens consiste à remplacer, chez chaque organe social, les matériaux qu'il consomme toujours, comme provisions pour sa subsistance ou instruments pour sa fonction. Le salaire n'a jamais d'autre influence normale, à quelque classe qu'il s'applique. En effel,le travail humain, c'est-à-dire la réaction utile de l'homme contre sa destinée, ne peut être que gratuit, parce qu'il ne comporte ni n'exige aucun payement proprement dit. Une véritable équivalence ne saurait exister qu'entre les matériaux du travail, et non entre ses attributs essentiels. Toujours reconnue envers le sexe affectif et la classe contemplative, même envers le pouvoir pratique qui salarie tous les autres, cette gra* tuité nécessaire de tout office humain ne reste douteuse qu'envers le prolétariat, c'esl-^à-dire chez ceux qui re*

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