‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 80 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

çoivent le moins. Une telle contradiction indique assez la source historique de celte anomalie, essentiellement due, non à rinfériorité des opérations correspondantes, mais a la longue servitude de leurs organes. La religion positive peut seule surmonter, à cet égard, Tanarchie moderne, en faisant partout sentir que chaque service personnel ne comporté jamais d'autre récompense que la satisfaction de Taccomplir et la reconnaissance qu'il procure.

Là Femme. Quoique les âmes vulgaires puissent aujourd'hui taxer d'exagération sentimentale une telle appréciation, j'ose vous promettre, mon père, qu'elle sera bientôt accueillie dignement parmi les femmes. J'ai souvent été choquée de l'égoïsme habituel qui, d'après un minime salaire, dispense de toute gratitude envers des services importants et difTiciles, dont les auteurs compromettent leur santé, et quelquefois leur vie, dans chaque opération. Ce principe positiviste procure une consistance systématique à des sentiments universels, qui n'ont'besoin que d'être formulés et coordonnés pour prévaloir graduellement. Il achève de me faire comprendre la possibiUté d'imprimer enftn un caractère vraiment altruiste à l'ensemble de notre existence, même matérielle* En effet, cette sainte transformation exige seulement que chacun, sans devenir habituellement enthousiaste, sente profondément sa ^)articipûtion réelle et celle de tous les autres à l'œuvre sociale. Or, une telle conviction peut certainement résulter d'uae sage éducation universelle, où le cœur disposera l'esprit à toujours saisir l'ensemble de la vérité,

Le Prêtre. Pour compléter l'appréciation fondamentale de Tordre social, il me reste, ma fille, à caractériser les trois modes ou degrés qui lui sont propres.

Tout organisme collectif offre nécessairement les divers éléments essentiels que je viens de vous expliquer. Mais ils s*y trouvent plus ou moins prononcés^ et par suite distincts, suivant la nature et Textension delà société correspondante. Leur prépondérance respective conduit à reconnaître trois associations différentes, qu'il faut ranger selon leur intimité décroissante et leur étendue croissante. Celle du milieu repose sur la précédente et sert de base à la suivante. Seule fondée naturellement sur l'amour, la Famille est la société la plus intime et la plus restreinte, élément nécessaire des deux autres. L'activité constitue ensuite la Cité, où le lien résulte surtout d*une coopération habituelle, qui ne pourrait être assez sentie si cette association politique combinait un trop grand nombre d'associations domestiques. Vient enfin l'^^/i^^, qui, nous liant essentiellement par la foi, comporte seule une véritable universalité, que réalisera nécessairement la religion positive* Ces trois sociétés humaines ont pour centres respectifs, la femme, le patriciat et le sacerdoce.

La famille, d'où chacun émane, appartient toujours à une cité quelconque, et même a une certaine église. Mais ce dernier lien étant plus faible, il comporte plus de variations, quoiqu'elles ne soient jamais arbitraires. Quand il devient assez consistant, il fournit seul le moyen de réduire convenablement la cité, autour de laquelle se concentre ordinairement chaque existence)

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